Et si on supprimait des jours fériés !

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Devant la multitude de jours fériés au Maroc et leur enchainement plus de raison, il y a de quoi se perdre au point de ne pas savoir quelle « bonne fête » souhaiter aux Marocains.  Dans ce domaine, il faut dire que nous faisons partie des nations les plus gâtés au monde : 6 fêtes religieuses et 11 civiles à l’année !  Soit 18 au total contre 11 en France, 14 en Espagne, 9 en Allemagne et 10 aux Etats-Unis.  Un record qui mérite de figurer dans le Guinness.   

La question qui se pose d’emblée est celle-ci : ces événements sont-ils tous si importants dans la vie de la nation et de sa population marocaine qu’il faille obligatoirement les fêter en chômant ? La réponse coule de source : non. Pas tous.

Ce n’est pas non plus avec autant jours fériés que le Maroc, scotché à un taux de croissance anémique de 2,5%, parviendra à gagner les 5 ou 6  points de croissance qui lui manquent cruellement pour combattre le chômage des jeunes et créer suffisamment de richesses.

En dehors de quelques fêtes religieuses et quelques dates à caractère civil dotées d’une forte charge symbolique qu’il serait difficile de supprimer, le reste du calendrier des fêtes commémorant notamment certains événements gagnerait à être réformé. Voilà un sujet dont peut peuvent s’emparer les membres de la commission spéciale sur le modèle de développement chargés de proposer un nouveau modèle dynamique et porteur de richesse pour tous.

Dans un pays qui ne travaille déjà pas assez et où la productivité reste faible, réduire le nombre de jours fériés de l’année pourrait a priori s’avérer salutaire, même si l’impact économique d’une telle mesure ne peut être déterminé que dans le cadre d’une enquête scientifique secteur par secteur. Sans préjuger des résultats d’une telle étude, il est incontestable que ce plein de fêtes casse à répétition la dynamique économique et représentent de ce fait un manque à gagner énorme pour les entreprises. Pour ces dernières, notamment les chaînes de production des usines, le préjudice en terme d’exploitation provoqué par l’arrêt de l’activité à cause des jours fériés doit être considérable.  Relancer les machines après un arrêt d’une journée ou deux surtouts en milieu de semaine équivaut à de grosses pertes.

Mais les ouvriers n’en ont cure. Pour eux, un jour férié est une véritable aubaine dans un pays où le travail et l’effort ne sont  pas vraiment la valeur la mieux partagée alors qu’il y a tellement de choses à  faire et d’opportunités à saisir. En effet, rien ne fait aujourd’hui plaisir au Marocain en général que d’arrêter de travailler pour cause de fête ! Nombre de citoyens sont particulièrement aux anges lorsqu’ils apprennent que la fête tombe un lundi ou un dimanche pour s’offrir un double pont, comme ce fut le cas récemment avec l’anniversaire de la naissance du prophète et la fête de l’indépendance. D’aucuns peuvent objecter que les jours fériés sont une manne pour l’activité touristique dont elle fait tourner les hôtels, restaurants et autres prestataires de service. Mais le trop plein de fêtes est une perte sèche pour bien d’autres secteurs où la productivité est un facteur essentiel.

C’est à qui la faute si Maroc est un pays en mal de productivité ?     

La faute à la culture ambiante, à cette mentalité bien ancrée que les gouvernements qui se sont succédé n’ont rien fait pour changer afin de remettre le pays au boulot. En tout cas, cette inflation de fêtes ne valide pas la volonté affichée officiellement de faire intégrer au pays le club des pays développés. Et ce n’est pas non plus avec autant jours fériés que le Maroc, scotché à un taux de croissance anémique  de 2,5%, parviendra à gagner les 5 ou 6 points de croissance qui lui manquent cruellement pour combattre le chômage des jeunes et créer suffisamment de richesses. Voilà un défi qui s’il est relevé mérite bien des réjouissances.