Les conservateurs du jeune conservateur Sebastian Kurz ont remporté les législatives autrichiennes du dimanche dernier en raflant 38,3 % des voix selon les résultats provisoires. La victoire de l’ancien chancelier démis au printemps dernier par le parlement, était attendue, mais elle dépasse tous les pronostics. Le Parti populaire autrichien (ÖVP) améliore ainsi son score de près de 7 points par rapport aux précédentes élections législatives de 2017. Et ce au détriment de son ancien allié le FPÖ qui dégringole de 9 points. Ce parti d’extrême droite n’ayant pas été capable d’aller au-delà de 17,2 %. Côté sociaux-démocrates, ça été également la chute. Le SPÖ ayant obtenu qui 21,5 % des suffrages, baisse de plus de 5 % par rapport à 2017. « Toutes les enquêtes d’opinion montrent que ce succès est dû à la personne de Kurz, dont le coefficient de sympathie, chez les Autrichiens, dépasse celui de son parti. Secrétaire d’État à 24 ans, ministre des Affaires étrangères à 27 ans, chef du gouvernement à 31 ans, conduit par sa victoire dans les urnes à redevenir chancelier à 33 ans, Sebastian Kurz a profondément rajeuni l’image du vieux parti de la droite autrichienne, en même temps qu’il a bousculé la vie politique de son pays. Son alliance de gouvernement avec les populistes du Parti de la liberté autrichien (FPÖ), alliance qui lui a tant été reprochée en Europe, ne lui a pas nui auprès de ses compatriotes qui, en revanche, ont sanctionné le FPÖ, empêtré dans de multiples scandales, en ne lui accordant que 17,2 % des voix, soit une perte de près de 9 % des suffrages en deux ans. » commente Le Figaro (30/9).

Mais Kurz ne pourra point gouverner seul. Il lui faudra trouver des alliés. Mais peu probable que ce de dernier rafasse appel à l’extrême-droite qui l’a fait tomber il y a quatre mois, « d’autant plus que cette dernière sort très affaiblie de ce scrutin. » Il y a la piste des Verts, qui avec 12,3 % des suffrages, soit un bond de 8,5 %, est en position de force. Mais en cas d’une alliance Verts-ÖVP, il sera difficile d’accorder les positions des deux alliés sur certains dossiers comme l’immigration. Le scénario « On rafait le match » n’est donc pas exclure.