Akhannouch mise sur les jeunes

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Face à l’immobilisme, voire à la régression du pays que le PJD a organisée depuis son avènement au pouvoir en 2012 à la faveur du Printemps arabe, l’alternative politique se précise de plus en plus. Et elle a pour nom Aziz Akhannouch et le RNI qu’il dirige. Lors de la 3ème édition de l’université d’été des jeunes indépendants qui a vu se succéder un certain nombre de figures du parti, le ministre de l’Agriculture a de nouveau mouillé sa chemise, signe de sa détermination à ne pas céder au défaitisme ambiant mâtiné d’un certain fatalisme instillé à coups de discours irrationnels, à rebours des règles d’une gouvernance rigoureuse. Devant un parterre de 5.000 jeunes issus des différents régions du pays y compris la 13e des MRE, M. Akhannouch, artisan de la réussite du Plan Maroc Vert, a mis la jeunesse marocaine devant ses responsabilités en l’appelant à  s’engager dans la politique et à voter massivement en 2021. Objectif proclamé : barrer la route à ceux qui arrivent souvent à se faire élire sur le terreau de l’abstention par une poignée de voix, allusion aux islamistes du PJD qui ont en effet profité de la désaffection grandissante des électeurs envers la chose politique et électorale mais aussi de l’éparpillement des voix généré par la division des partis classiques pour conquérir le pouvoir communal et législatif. L’adversaire est ainsi désigné et seule une mobilisation des forces vives de la nation est susceptible de le botter hors du gouvernement où il a suffisamment montré, faute de compétences made in PJD, son incapacité chronique à régler les grands problèmes du pays en tête desquels arrive justement le chômage galopant des jeunes. C’est pour cela que « les prochaines 5 années sont décisives dans votre vie», a martelé M. Akhannouch en direction des jeunes en les invitant à faire « le bon choix ». «Gaspiller cette chance en reconduisant l’incompétence au pouvoir revient à condamner votre propre chance d’une insertion professionnelle et sociale digne de ce nom », a en substance expliqué le président du RNI.  C’est à un vrai sursaut que le patron du Rassemblement avec ses accents de la sincérité habituels a appelé son auditoire et à travers lui tous les citoyens désireux de rompre avec l’ère des marchands du populisme et du sous-développement pour prendre leur destin en main.  Ne désespérez pas, la réussite n’est pas difficile », a-t-il conclu. Il est par exemple clair que les défenseurs du maintien d’une arabisation désastreuse au détriment de l’enseignement des langues étrangères se soucient de la qualité de formation de la masse des Marocains comme de leurs premières babouches. L’alternance linguistique, qui contribue à l’ouverture des esprits, ils ne veulent pas en entendre parler et l’abstention de la majorité des députés PJD sur le vote des articles 2 et 31 relatifs à la loi-cadre sur l’enseignement a trahi la nature du projet islamiste.   Aziz Akhannouch n’a pas manqué de rappeler cet épisode dont le PJD a fait un casus belli qui s’est traduit par un retard énorme dans le processus d’adoption de cette loi. 

Ce n’est pas la seule contradiction des islamistes légalisés dont les positions sont en décalage avec l’évolution de la société et les aspirations des citoyens. Sur la question de l’avortement, remise au goût de l’actualité à la faveur de l’affaire de l’arrestation de la journaliste Raïssouni et son compagnon pour avortement illégal, le PJD refuse d’évoluer, favorable dans sa majorité au maintien de la criminalisation de cette pratique, sauf si la vie de la femme est en danger pour les couples mariés.

L’idéologie islamiste dans ce domaine est à rebrousse-poil de la vision modérée du Roi Mohammed VI qui avait donné en mars 2015 ses instructions au ministre de la Justice d’alors Mustapha Ramid, à son homologue des Habous et des Affaires islamiques Ahmed Toufiq et au président du CNDH de l’époque Driss Yazami pour lui soumettre des propositions de réforme de la législation relative à l’IVG. Mais rien n’a été fait en raison justement de la mentalité islamiste opposée au droit à l’avortement. Paradoxalement, le PJD au pouvoir n’a accouché que de scandales à caractère moral. l

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