«L’étreinte des chenilles » est le deuxième ouvrage de Ghizlaine Chraibi. Édité chez l’Harmattan en France et au Maroc chez IMPR (Collection Fiction), le livre surprend par son titre. Mais on n’en est pas à une intrigue près dans ce roman paru le 25 octobre 2018 et préfacé par Abdessamad Dialmy.

IMPR c’est l’Institut Marocain de Psychothérapie Relationnelle que l’auteur, elle-même psychothérapeute de formation, a fondé. Dès lors le titre du roman qui paraît être de prime abord absurde ou prétentieux mute en une sorte de métaphore thérapeutique comme une chenille qui se métamorphose en passant d’une larve rampante à un papillon volant de ses propres ailes, beau et coloré. Faut-il oser là un parallélisme avec une femme qui passe d’une condition inférieure à un autre supérieure dans une société masculine ?  Peut-être bien. En tout cas l’ombre de « Les bacchantes», la célèbre tragédie d’Euripide qui met en scène le drame psychologique et social de la révolte des femmes dans une société conservatrice et machiste, semble défiler en filigrane dans la fiction de Ghizlaine Chraibi qui semble ainsi avoir été guidée quelque part pas sa formation en psychologie thérapeutique. La preuve par l’intéressée elle-même : «(…) J’ai écrit ce roman pour dénoncer les prises de pouvoir, pour plutôt laisser de la place à nos humanismes. Je prône le fait de nous connecter à notre puissance intérieure, en lâchant le bras de fer relationnel avec l’autre sexe.

Dans cette société imaginée, les femmes n’ont pas trouvé mieux que le schéma de société qu’elles subissent depuis des siècles, parfois sans tendresse ni communication. Pourtant, il ne s’agit pas d’un roman noir. Bien au contraire, il est plein d’espérance, il montre les chemins pour que le corps, ce corps fait pour être aimé, ne soit ni voilé ni impudique. Et que ce corps libre marche dans des villes libres. Homme ou femme, que nous puissions devenir des citoyens libres, autonomes et responsables. » a argué la romancière dans une interview à Finance news hebdo, 26 avril 2019.