L’homme de la garde-à-vous et de la garde à vue

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Une équipe du Canard a été reçue par le nouvel homme fort de l’Algérie le général Gaïd Salah qui a du mal à se faire accepter par les manifestants.     

Où en êtes-vous avec l’Algérie des manifestations du vendredi?

Ces manifestations ont viré au rituel qui permet aux mécontents de battre le pavé une fois par semaine pour réclamer mon départ et celui du système. Or s’il n’y a plus de système, il n’y a plus d’Algérie, ni de privilèges ni de prébendes. 

Quel système ?

Le système pourri et corrompu dont je suis la nouvelle incarnation caricaturale après la déposition de Bouteflika dont le maintien devenait une véritable menace pour la survie de ce système essoufflé et auquel je suis déterminé à donner un nouveau souffle.

Mais la revendication de ces fous furieux rejoints tout récemment par les étudiants me pompe vraiment l’air. Ils ne voulaient pas plus d’un président grabataire cloué à son fauteuil roulant que d’un général galonné encore debout et qui veut les faire marcher.   

Mais vous avez beau envoyé à l’ombre plusieurs hauts responsables et hommes d’affaires du bouteflékisme, les contestataires ne sont pas contents et continuent à maintenir la pression.

C’est justement cette pression qui me donne des maux de tête et des insomnies.  Je pensais que  les Algériens étaient plus sympas et moins vindicatifs et que j’allais trouver grâce à leurs yeux en jetant en pâture quelques figures emblématiques triées sur le volet du complexe militaro-industriel national.  Là, je découvre un autre peuple difficile à gérer, manipulé par des forces plus obscures et dangereuses que moi.

Quelles forces ?

Les forces du complot qui soutiennent en sous-main l’avènement d’une ère démocratique en Algérie.  Ces comploteurs veulent faire basculer le pays dans la même  catastrophe de la fin du benalisme en Tunisie.

Et vous, quelle est votre promesse au peuple algérien ? 

Le gaïdisme en plus fin que le sissisme débile.

Avez-vous un plan B ?

Dissoudre le peuple si les puissances que sont la France et les États-Unis continuent d’ignorer ma revendication légitime de devenir président-général. C’est la seule solution qui me reste si  le peuple des révoltés n’abandonne pas sa revendication de dissolution du système. l

Propos recueillis par Saliha Toumi