Après avoir ordonné deux frappes aériennes en Syrie, en avril 2017 et 2018, sous prétexte que le régime de Bachar Assad utilisait des armes chimiques contre ses opposants armés et les civils c’est la première fois que le président Donald Trump  s’interdit l’usage des armes pour punir son autre ennemi juré : l’Iran des mollahs. Et ce malgré le fait que l’armée de l’air de ce pays ait battu le 20 juin un drone militaire, à 13 millions de dollars, qui aurait survolé le ciel iranien, ce que rejette Washington qui affirme que l’engin a été détruit par les Gardiens de la Révolution islamique au-dessus des eaux internationales dans le détroit d’Ormuz. Pour justifier l’annulation d’une frappe militaire à 10 minutes de son exécution le président américain le plus controversé de l’histoire des États-Unis   explique que s’il avait laissé faire, il aurait commis une faute car la perte d’un drone sans pilote ne valait pas la perte d’au moins 150 personnes, soit le nombre de morts iraniens que les stratèges du Pentagone ont calculé. Mieux : le locataire de la Maison blanche s’est fendu de louanges à l’égard des autorités iraniennes qui n’ont pas abattu un autre avion américain avec 35 hommes à bord qui volait dans les parages, malgré le fait qu’il était à la portée de leurs missiles, comme le reconnait publiquement Donald Trump. Le Grand Merci de ce dernier aux dirigeants de Téhéran était tellement touchant que tout le monde a cru à la fin des hostilités entre les deux ennemis jurés. Que nenni. Ce n’était qu’un court intermède. Si Trump tient à sa position de refus d’une autre guerre militaire au Moyen-Orient il reste par contre ouvert et même enthousiaste à plus de sanctions économiques et à leur durcissement. Autrement dit « apocalypse no, but more economic sanctions yes».

En effet, lundi Donald Trump a signé sous les feux des caméras l’ « executive order » infligeant de nouvelles sanctions économiques qui incluent pour la première fois des hauts dirigeants iraniens dont le guide suprême l’ayatollah Khamenei, 8 hauts gradés militaires et le chef de la diplomatie,  le modéré Javad Zarif.

Donald Trump qui ne cesse de répéter que son seul objectif est d’empêcher l’Iran de posséder l’arme nucléaire nucléaire et de soutenir le terrorisme espère par ces nouvelles sanctions endurcies, qui vont geler « des milliards de dollars d’avoirs iraniens», forcer la république islamique à retourner à la table des négociations. Mais à quel prix ?