3 M est un coup fin

0

Le film du réalisateur Saâd Chraïbi sortie en salle le 10 avril 2019 est un hymne à la tolérance avec comme fil conducteur une histoire d’amour entre trois personnes dont les prénoms commencent tous par la lettre M et qui laisse le spectateur sur sa faim. D’où le titre « Les 3 M, une histoire inachevée ».

Malika, Moïse et Mathieu ont grandi le même jour, dans la même ville et dans le même quartier : le premier est musulman, le second juif et le troisième chrétien. Le trio entretien une amitié solide malgré les différences. Mais des péripéties de l’histoire s’immisceront dans le petit monde des trois et Moïse quittera le Maroc pour Israël, Mathieu prendra le chemin de la France. Des images d’archives montrent le départ des juifs du Maroc vers Israël et ailleurs, le putsch militaire contre Hassan II, la guerre des Six jours en 1967, le massacre de Sabra et Chatila au Liban, les accords d’Oslo, l’assassinat d’Yitzhak Rabin, les attentats du 11 septembre… Et d’autres images qui s’enchaînent à l’écran jusqu’au Printemps arabe…  Mais les 3 M se retrouvent une nouvelle fois réunis et essayeront de rester fidèle leur amitié en essayant bon an mal an de transcender ces évènements qui les ont séparés non sans douleur. À travers ce ce film genre drame dont le tournage a été lancé en 2012, en plein « Printemps arabe » et dont les acteurs principaux sont Younes Bouab, Sonia Okacha, Ivan Gonzalez Salahdine Benmoussa, Said Bey, Saâd Chraïbi tente de jeter une lumière sur les causes et les événements qui avaient contribué à la propagation de cette « épidémie » qu’est le Printemps arabe.

En revanche, le film pêche par un excès d’idéalisme assez stéréotypé.  Un regard idyllique personnel pour ne pas dire personnalisé sur un passé interreligieux glorieux, comme si les juifs, les chrétiens et les musulmans au Maroc étaient faits pour vivre en harmonie sans le moindre problème. Libre donc à chacun de le voir comme bon lui semble. D’ailleurs le réalisateur ne s’en cache pas.

« Je ne fais pas un film pour un public, ni grand ni petit, ça n’est pas ma préoccupation première. J’ai fait ce film pour moi personnellement, et à chacun de faire son propre jugement », souligne Chraïbi.