PAM mort

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La crise spectaculaire qui mine le PAM depuis plusieurs semaines n’est pas du genre politique ou idéologique avec des divergences d’idées.  Les acteurs de ce psychodrame ne sont pas dans le débat d’idées, juste dans des batailles d’égo et des guerres de clans où ils se donnent en (piteux) spectacle alimenté à jet continu par un sous-chef psychorigide qui dépourvu, d’ascendant moral agit comme un contremaître autoritaire qui s’amuse à multiplier les expulsions de ses opposants. Et dire que l’intéressé, qui n’a admirablement réussi qu’une seule chose, faire l’unanimité contre lui, occupe le poste très en vue de président de la deuxième Chambre ! Les déchirements internes du PAM rappellent ceux de certains partis sous l’époque de Driss Basri, notamment le PND de Arsalan El Jadidi et le MNP de Mahjoubi Aherdan. 

La descente aux enfers du PAM est  la résultante d’une erreur originelle : la création du PAM. Très tôt, celui-ci a suffisamment  administré la preuve de  son inutilité politique dans un paysage déjà très encombré de sigles qui n’ont de différence que le nom. Malgré l’entregent de certains de ses ténors qui lui ont conféré une certaine légitimité, le PAM n’aurait dû jamais exister, du moins tel qu’il s’est déployé en se dévoyant sur le terrain. Là où il était censé innover pour se distinguer par rapport à ses ainés autant par la qualité de son personnel et la vitalité de sa démocratie interne, il n’a fait  que reproduire avec une vitesse phénoménale et en plus flagrant les mêmes travers partisans qui à force d’être reconduits  ont achevé de décrédibiliser la chose politique dans ce pays.

À trop chercher à s’accrocher alors qu’il n’a pas validé pour ses géniteurs son utilité politique, le PAM risque de finir comme un petit parti qui n’aura plus droit de cité ni dans le landernau ni au Parlement après avoir vu ses meilleurs éléments migrer vers d’autres formations.

Il a suffi qu’il échoue à remplir  le contrat pour lequel il a été enfanté et obtenu des subsides colossaux, botter les islamistes hors du pouvoir, pour que le PAM perdre ses repères et s’effondre comme un château de cartes. Du coup, Ilyas El Omari, l’homme de cette mission inaccomplie, tombé depuis en disgrâce alors qu’il était partout courtisé, a laissé derrière lui une formation  déchue, égarée, mal-aimée. Sans boussole, le tracteur fait plusieurs sorties de route. Avec Benchemmach au volant, un sous-chef qui a perdu les pédales, il s’est transformé en engin fou qui  est en train de faire beaucoup de dégâts en interne.  Cruel sort pour un parti dont les membres se sont crus un moment, soit par griserie soit par vanité, près du but ; à deux doigts de décrocher le jackpot politique et s’installer aux commandes du pays. Le PAM aurait dû après sa défaite retentissante aux dernières législatives face aux islamistes tirer les conséquences de son ratage monumental et se saborder au lieu de s’entêter à vouloir (mal) exister. Comme dans le théâtre, il faut savoir réussir sa sortie.  À trop chercher à s’accrocher alors qu’il n’a pas validé pour ses géniteurs son utilité politique, le PAM risque de finir comme un petit parti qui n’aura plus droit de cité ni dans le landernau ni au Parlement après avoir vu ses meilleurs éléments migrer vers d’autres formations. Le mouvement a déjà commencé en direction du RNI, la formation historique qui avait fait particulièrement les frais de l’ascension artificielle du PAM avant que les faiseurs de la politique de l’ombre ne réalisent avoir commis une grosse erreur d’appréciation en misant sur le PAM.