Les résultats définitifs des élections européennes du 26 mai pour renouveler le parlement Strasbourg ont été presque conformes aux projections des sondages qui ont prévu un recul des partis traditionnels et une montée spectaculaire des verts, de l’extrême droite et des souverainistes, surtout en Allemagne, Italie, Autriche, France et Hongrie. En revanche, les résultats livrés par les bureaux de vote des 28 pays de l’Union montrent la fin du bipartisme historique dans le parlement de Strasbourg. « Les anciens clivages ont disparu, de nouveaux sont apparus » résume le premier ministre français Édouard Philippe dans une déclaration faite à chaud juste après l’annonce des premières estimations qui donnaient le parti de Marine Lepen devant LREM de Macron. Au final, le RN (ex-FN) de Marine Lepen termine avec 23,31% des suffrages exprimés alors que la liste La République en marche (LREM) conduite par Nathalie Loiseau, échoue dans son objectif de «battre» le RN en attirant 22,41 de voix.

Mais la nouvelle composition du camembert strasbourgeois qui compte 751 eurodéputés ne risque pas de présenter une menace réelle sur l’Europe de Maastricht et de Lisbonne, du moins à court terme.  Et ce pour trois faits au moins. Premier constat réconfortant : L’augmentation de la participation.  La plus forte de ces 20 dernières années. Avec un taux dépassant les 50 % au niveau européen, elle montre que l’Europe intéresse encore et continue de mobiliser les masses. Second encourageant : Au niveau européen, la droite européiste (PPE) ayant obtenu 180 sièges reste la première force dans un hémicycle fragmenté mais avec la gauche pro-européenne (PSE) qui a récolté 146 sièges, n’a plus la majorité absolue (376 sièges). Les deux blocs qui dominent historiquement le Parlement européen perdent ainsi leur majorité dans l’hémicycle bruxellois. Troisième faits favorable : les partis europhobes demeurent inaudibles.  A titre d’exemple, les partis français partisans d’un Frexit à l’anglaise ont été quasiment marginalisés. La sortie de la France de l’Union européenne (UE), défendue par l’UPR de François Asselineau a fait 1,17% tandis que Les Patriotes de Florian Philippot 0,65%, soit au total 1,82% des votants.

En Italie où le traité instituant la Communauté économique européenne a été signé en 1957, Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord souverainiste et vice-président du Conseil, a remporté son pari au niveau européen avec 34,3 % des voix, alors que son parti avait à peine dépassé les 6 % aux Européennes de 2014 et atteint 17 % aux législatives de mars 2018. Même vague souverainiste en Hongrie où le parti du premier ministre Viktor Orban a raflé plus de 52 % des voix. En Autriche, le Parti populaire autrichien (ÖVP) mené par le jeune chancelier Sebastian Kurz (renversé par le parlement le lendemain du 26 mai suite du scandale de l’Ibizagate) est arrivé en tête des votes avec 34,5%. Au Royaume-Uni, le parti du Brexit de Nigel Farage arrache 31,60 %, soit 24 sièges.

Parmi les pays ou les européistes socio-démocrates sont arrivés en tête : l’Espagne où le PSOE de Sanchez a obtenu 28,4 %, la Suède 25,1 %, la Finlande 20,1 %, la Hollande 18,1%…

Bref ces élections européennes 2019 sont une sorte de bérézina maîtrisée. L’honneur est sauf !