Front commun contre le PJD

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Pas moins de 7 partis politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition ont signé un communiqué commun où ils dénoncent le caritatif politique pratiqué par le PJD. L’Istiqlal, le RNI, l’USFP, le MP, le PAM et l’UC accusent dans leur texte les islamistes de « diffuser et de colporter des allégations à caractère dangereux dans le but d’induire la population en erreur ». Le front commun des formations classiques a été constitué en réaction à un communiqué antérieur du PJD dans lequel il accuse les autorités d’entraver l’action des associations qui lui sont proches.

Le PJD a toujours fait  de l’associatif électoral  sous couvert d’actions de bienfaisance désintéressées dans les milieux défavorisées. Or, rien n’est gratuit chez Benkirane et ses amis. Tout ce qu’ils rendent comme service ou fournissent comme prestation aux plus démunis, ils le récupèrent sous forme de dividendes électoraux.

La galaxie associative made in PJD affiche des objectifs d’animation sociale, à caractère culturel ou artistique. Pur leurre!  Derrière ces énoncés  plutôt flous se cache en vérité une véritable action multiforme sur le terrain visant à faire des obligés parmi les bénéficiaires de leur pseudo-charité. Toutes les occasions sont bonnes pour le PJD qui profite de  la démission de l’Etat et de l’absence des autres partis de se porter au secours des plus démunis: achat des fournitures scolaires à l’orphelin, prise en charge de la circoncision d’un enfant abandonné, achat du mouton d’Al Aïd Al Adha à la veuve, paiement des frais d’un enterrement, prise en charge de soins médicaux…Une machine bien rôdée qui se déploie là où il y a un besoin social pressant…

Les candidats estampillés PJD n’ont pas besoin de  faire campagne, d’investir les rues, faire distribuer des tracts ou organiser des banquets pour s’assurer le soutien du chaland électoral. Pour eux, le scrutin ne représente pas plus qu’une formalité qui leur permet en guise de récompense  de récolter ce qu’ils ont semé comme graines de la charité bien calculée 12 mois sur 12.

Soit par ignorance ou reconnaissance du ventre, ces derniers, les élections venues, glissent le bulletin de la lanterne  dans l’urne. Ce travail de proximité terriblement efficace et politiquement rentable, une forme bien élaborée du clientélisme politico-électoral, le PJD le pratique à plein temps, en permanence  tout au long ce l’année tandis que les autres formations ne se signalent aux citoyens qu’à l’approche des élections. Résultat : les candidats estampillés PJD n’ont pas besoin de  faire campagne, d’investir les rues, faire distribuer des tracts ou organiser des banquets pour s’assurer le soutien du chaland électoral. Pour eux, le scrutin ne représente pas plus qu’une formalité qui leur permet en guise de récompense  de récolter ce qu’ils ont semé comme graines de la charité bien calculée 12 mois sur 12.  Dans ces conditions, les autres sigles politiques adverses, victimes en quelque sorte d’une concurrence déloyale, sont fatalement perdants car ne se battant pas à armes égales avec une formation en campagne permanente. Comment en effet battre une nébuleuse qui sous couvert de  religion et de « charity tbizniss assiassi » fait commerce de tout pour arriver au pouvoir et s’y maintenir ? Le caritatif que les islamistes pratiquaient dans l’underground avant leur avènement au pouvoir s’y livrent désormais à visage découvert, légalement et avec les moyens de l’Etat. Les collectivités locales qu’ils contrôlent dans leur majorité depuis le scrutin communal de 2015 leur offrent une occasion inespérée de renforcer leur ancrage dans les milieux populaires.

La commune étant un acteur social par excellence, ils en profitent à fond pour privilégier les associations locales qui leur sont inféodées dans le partage des subventions publiques. C’est dans ce domaine favorisant le contact direct avec la population que les islamistes sont très forts et actifs. Pas sur le terrain gouvernemental où les ministres PJD dépourvus d’expertise et d’expérience se contentent de faire de l’entrisme administratif via les appels à candidature qui sont tout sauf transparents, laissant les autres ministres de la coalition  faire le job à leur place, conscients que le bénéfice politique du travail des autres partenaires tombe automatiquement dans leur escarcelle d’une manière ou d’une autre, les citoyens-électeurs lambda les créditant du bilan de l’exécutif dans différents domaines.

Les islamistes qui savent jouer des contradictions sociales  du pays pour les retourner en leur faveur ont bien compris que les électeurs sont beaucoup  moins sensibles au travail gouvernemental de tel ou tel parti quand bien il est efficient qu’à l’action de proximité de l’élu ou du militant du coin qui sait être concret en cas de besoin ou d’urgence sociale. Croire alors que la population va sanctionner le PJD sur son bilan gouvernemental très maigre pour ne pas dire nul ou en raison de ses dérives morales à répétition revient à se bercer d’illusions.