Al-Baghdadi réapparaît dans une vidéo. Le chef de l’EI y déclare que les attentats menés le dimanche de Pâques au Sri Lanka ont été fomentés en représailles à la perte de la ville de Baghouz, en Syrie.

Il a été donné plusieurs fois pour mort ou gravement blessé. Le chef de l’Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, est vivant. Il est apparu, assis sur un coussin, barbe teintée et turban noir défait sur la tête, dans une vidéo de 18 minutes diffusée lundi soir par l’un des organes de propagande du groupe jihadiste. Preuve que l’enregistrement est récent, il énumère les noms de guerre de jihadistes tués, dont les Français Jean-Michel et Fabien Clain, à Al-Baghouz, la dernière enclave du «califat», reprise à la mi-mars par les Forces démocratiques syriennes. Il salue aussi la chute d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie et celle d’Omar El-Béchir au Soudan tout en vantant «la voie du jihad». Il s’adresse à trois hommes au visage flouté. Cette vidéo, d’une durée de dix-huit minutes, a été diffusée par Al-Fourqane, la « maison de production » de l’EI qui relaie les enregistrements et les vidéos de propagande de l’organisation djihadiste. La coalition internationale antidjihadiste a fait savoir lundi soir qu’elle essayait de «corroborer de façon indépendante la validité de la vidéo». S’il n’était plus apparu dans une vidéo depuis 2014, le chef de l’EI diffuse régulièrement des enregistrements à destination de ses partisans. En août 2018, alors que le groupe djihadiste enchaînait les défaites militaires, M. Al-Baghdadi appelait les soldats de l’organisation à poursuivre le « djihad ». «Ceux qui oublient leur religion, la patience, le djihad contre leurs ennemis et leur certitude dans la promesse du créateur s’effondrent et tombent. Ceux qui s’y tiennent sont fiers et victorieux même après un certain temps », poursuivait-il. Avant ce message audio, le précédent enregistrement présumé du chef de l’EI remontait au 28 septembre 2017. Il appelait alors ses combattants, acculés de toutes parts en Syrie et en Irak, à « résister » face à leurs ennemis, alors que l’EI avait perdu quelques mois plus tôt sa « capitale » en Irak, Mossoul. En juin 2017, la Russie avait dit avoir probablement tué Abou Bakr Al-Baghdadi dans un raid mené à la fin de mai par son aviation près de Rakka, l’ex-capitale de l’EI en Syrie. Moscou avait ensuite souligné continuer de vérifier s’il était bien mort. Trois mois plus tard, un haut responsable militaire américain avait affirmé que le chef de l’EI était sans doute encore en vie et se cachait probablement dans la vallée de l’Euphrate, dans l’est de la Syrie.