L’ex-ministre MP de la Jeunesse et des sports qui a laissé un souvenir impérissable dans l’opinion avec son histoire de raclette géante qui lui a valu d’être sèchement limogé par le souverain a un tout autre point de vue sur les devoirs ministériels. Cet homme imbu de sa personne, dégoulinant d’énergie négative de l’avis de tous ceux qui l’ont approché, pense sincèrement qu’un ministre doit servir les intérêts de son propre parti. Autrement, il est inutile, futile, voire bon à fusiller ! Dans un enregistrement de 3 minutes et 31 secondes qui a fuité sur Internet, on entend l’intéressé qui intervenait vraisemblablement lors d’une réunion du Bureau politique du parti dézinguer le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique le très sémillant Said Amzazi. L’exministre qui se voit toujours calife à la place du calife, qui n’arrête pas de ruminer rancœur et jalousie, reproche clairement à M. Amzazi de n’avoir rien apporté au parti et aux harakis. Les mots employés sont crus, à la limite de l’indécence politique. Dans sa bouche, le gendre de la dame de fer Halima Assali, une femme audacieuse du reste, parle évidemment d’avantages et de privilèges. Car pour lui – et il n’a pas peur de le clamer haut et fort – peu importe qu’un ministre travaille ou pas pour son pays. Un ministre dans sa conception de la politique doit- en échange de sa ministrabilité qu’Ouzzine conçoit comme un cadeau qui lui est fait par son parti et non pas comme une responsabilité – être profitable pour sa formation et ses militants. Du donnant-donnant. La politique-business. Au diable le peuple, ses attentes et les intérêts du pays ! Ça donne de plus en plus confiance dans la politique à la marocaine ! Transcription du laïus ouzzinien : «Pour appeler un chat un chat, je peux vous citer l’exemple du ministère de L’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur qui sert d’autres agendas que ceux du Mouvement Populaire. (…). Et je défie un haraki de me prouver le contraire ». Aux yeux de son contempteur, Amzazi a commis un crime impardonnable, celui de ne pas avoir utilisé le ministère comme une vache à lait par Ouzzine et ses amis harakis. Ce n’est pas un bon ministre dès lors qu’il n’est pas source de profit et d’enrichissement pour eux !

Rendement

« Nous ne sommes pas contre M. Amzazi, précise-t-il. Pendant que Ssi Amzazi sirotait son café chez Paul et Fauchon en brandissant contre nous les raclettes et les balais, nous on se démenait pour obtenir des portefeuilles au parti. Amzazi doit savoir que des militants se sont usés les chaussures pour qu’il soit nommé ministre par S.M. le Roi que Dieu l’assiste », poursuit notre drôle d’oiseau haraki. Les pauvres se sont donné tant de mal pour qu’il entre au gouvernement sans être récompensés de la moindre petite marque d’attention. Comme quoi par exemple ? Une valise bourrée de billets de banque, des autorisations pour ouvrir des écoles bidon ou le placement des militants harakis… pour la ministrabilité de Amzazi dans le secteur de l’Éducation ? Ouzzine est fou furieux et il le crie sur les toits : « Aujourd’hui, nous constatons que ces gens (comme Amzazi) font preuve d’ingratitude. Et je défie quiconque dans la haraka de me fournir la preuve que ce ministère (celui d’Amzazi) lui a apporté un quelconque service. C’est pour cela que je tiens à exprimer mon indignation totale depuis cette tribune. Et je peux vous dire que les membres du Bureau politique ressentent la même exaspération tout comme ceux à quelques exceptions près du groupe parlementaire. Peu importe pour moi qu’un ministre effectue une visite dans sa circonscription. Ça, je ne le prends pas en considération. Ce que je calcule moi, c’est le rendement d’un ministre pour son parti, ce qu’il m’a donné ce ministre ou ce ministère. » Qu’attend le Ouzzine pour créer l’indice de profitabilité ministérielle harakie ? «Il est parfois intéressant qu’un parti s’ouvre sur les cadres mais je peux vous certifier que le Mouvement Populaire vit actuellement l’une de ses pires expériences », conclut le candidat malheureux en 2015 à sa propre succession comme président de la commune rurale de son fief d’Oued Ifrane. Ce n’est pas étonnant que les électeurs n’aient pas voté de nouveau pour lui. Ils ont dû apprendre à leurs dépens qu’Ouzzine n’était profitable que pour lui-même ! l