Déchiré par des décennies de conflits, entouré de voisins instables, le Soudan est au coeur d’un écheveau régional et international inflammable, aussi l’issue encore incertaine de la transition en cours est-elle scrutée avec attention. Le Soudan d’Omar el-Béchir a joué un rôle actif et venimeux dans les conflits qui secouent cette région du nord-est de l’Afrique, où prolifèrent les groupes armés. “Si le Soudan sombrait dans le chaos, l’instabilité pourrait déborder ses frontières”, prévient International Crisis Group dans un rapport vendredi. “Les guerres civiles au Soudan ont commencé il y a trois décennies et ne sont pas vraiment terminées”, rappelle le chercheur Edward Thomas sur le blog Diwan du Carnegie Middle east Center. Notamment au Darfour (ouest), où un sanglant conflit entre rebelles de minorités ethniques et forces soudanaises et milices à la solde de Khartoum a fait plus de 300.000 morts depuis 2003. Le gros des rebelles darfouris est actuellement en Libye, aux côtés du maréchal Haftar, mais “ils pourraient être tentés par un retour au Soudan pour rappeler que le Darfour, dont la question n’a pas été réglée et où la répression continue, doit être pris en compte”, selon le chercheur Jérôme Tubiana, spécialiste du Soudan. Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011 mais qui a déjà connu des années de sanglante guerre civile, pourrait aussi subir le contrecoup de l’incertitude à Khartoum, garant du fragile accord de paix signé en septembre dernier