Gilles & John sont dans le TGV qui les ramène de Paris à Lyon. Ils se félicitent d’avoir saccagé les Champs Elysées. Assis dans un carré famille de 4 places, ses jambes allongées et pieds puants sur le siège d’en face, John n’a pas d’empathie pour le sarrasin d’en face, à jour de ses ablutions conformément aux prescriptions de la religion mahométane et comptant frénétiquement les perles de son chapelet : à chaque perle son lilas. Il est content de l’incommoder avec ses guiboles endolories par de nombreuses courses poursuites avec les compagnies républicaines de sécurité (CRS) toute la journée sur le macadam de Paname. La langoureuse voix de la téléphoniste de la SNCF annonce que le TGV arrive bientôt à la Gare de Lyon Part Dieu. Le pèlerin Marocain paraphrase ainsi cette annonce : « Cette gare s’appelle Part Dieu ! « 7amdo lilas », sans doute elle a été construite par nos valeureux musulmans qui l’ont ainsi baptisée par la grâce divine de « Bismi lilas ». Y a Rabbi nous sommes à toi et nous y reviendrons. ». Il en fallait pas plus pour faire sortir John de ses gonds. Gilles tente de contenir l’éruption volcanique de son compère. Effectivement, plusieurs Arabes de Lyon colportent des fake news comme quoi, la Gare de la Part Dieu s’appelle ainsi car elle aurait été construite grâce à un don de la 3arabie Sa3oudite. Gilles explique à John l’origine de cette appellation « Les archives de l’Hôtel-Dieu possèdent un acte de cession datant de l’an 1203 évoquant le domaine de « la Pardeu », orthographe ancienne pour la « propriété de Dieu » ou le « don de Dieu ». Ce domaine était à l’époque une zone marécageuse qui s’étendait des Brotteaux (le « brotiau » est une terre basse et inondable) à l’actuel cours Lafayette. Un homme pieux du XIIe siècle aurait vu, dans la partie sud épargnée par les eaux et rendue fertile, un don du Ciel. Les terrains de la Part-Dieu furent longtemps soumis aux inondations du Rhône. Ils appartiennent au début du XVIIIe siècle à Catherine de Servient. Cette noble dame possède un château et ses bâtiments agricoles, situés à proximité de l’angle des rues actuelles Boileau et Chaponnay. Elle les vend en viager aux Hospices civils de Lyon qui les récupèrent en 1737. Ils sont vendus en 1844 pour construire les casernes de la Part-Dieu, qui resteront en activité pendant plus d’un siècle. En 1852 le quartier, alors dépendant de la Guillotière, est annexé à la ville de Lyon. Jusqu’alors, 4/5 du territoire de la rive gauche du Rhône sont encore occupés par les grandes fermes toujours en activité. L’évolution vers les pépinières et le maraîchage s’accentue, par exemple autour de la place Danton actuelle et son domaine de Champfleury. En 1926, la municipalité de Lyon, qui souhaite récupérer les terrains pour y construire un nouveau quartier, organise un concours d’architecture dont le projet lauréat prévoit l’édification de deux tours. Ce projet ne voit cependant pas le jour, du fait de l’opposition de l’administration militaire.

(A suivre)

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