Le ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, Aziz Rabbah, verse dans l’autosatisfaction à chaque fois qu’il évoque sa nouvelle stratégie de production électrique supposée réduire la facture énergétique. Or, ce programme, selon ses dires, a déjà pompé « environ 360 milliards de dirhams qui ont été investis dans ce secteur et 130 MMDH sont en cours dans différentes plateformes (énergies renouvelables, réseau électrique…). » « L’une des raisons derrière le lancement de cette nouvelle politique énergétique, en plus de minimiser l’impact sur l’environnement, c’est de maîtriser et réduire la facture énergétique du Royaume, sécuriser l’approvisionnement de notre pays, et développer cette économie de l’énergie », a-t-il soutenu à l’occasion d’un voyage de presse organisé au Green Energy Park à Benguerir par son département. Or non seulement, M. Rabbah est à côté de la plaque quand il parle de « minimiser l’impact sur l’environnement » du fait qu’il a relancé l’importation du charbon et la construction de 2 autres centrales à charbon qui s’ajouteront aux 3 déjà existantes et ce 20 ans après la fermeture du site charbonnier de Jerada, mais sa politique énergétique est sévèrement décriée en Espagne qui importe de l’électricité marocaine produite à partir ce combustible. De plus en plus de voix s’élèvent en effet à Madrid pour dénoncer une «concurrence déloyale», affirmant que le Maroc vend de l’énergie produite depuis ses centrales à charbon sans s’acquitter de droits d’émission de CO2 comme c’est le cas dans l’Union européenne où les ONG de défense de l’environnement militent contre le recours au charbon pollueur. Les 3 centrales marocaines en fonction nécessitent d’ores et déjà des importations de charbon de plus de 11 millions de tonnes par an. Rabbah ne vend pas du propre. Mais est-il vraiment une lumière ?