Alors que les résultats définitifs des élections municipales à Istanbul, sont encore attendus, l’AKP ne reconnaît toujours pas la victoire du candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu, dans la capitale économique du pays. Mardi, le parti du président Recep Tayyip Erdogan a officiellement annoncé qu’il contestait les résultats des élections municipales dans tous les arrondissements de la ville et a demandé un recomptage au Haut Conseil électoral (YSK). «Cette procédure d’appel est légitime. Tout le monde devrait la respecter», s’est justifié Omar Celik, le porteparole de l’AKP, selon lequel 319.500 bulletins seraient invalides. L’écart entre Ekrem Imamoglu et son adversaire Binali Yildirim est d’environ 25.000 voix. Dès lundi, celui-ci avait affirmé que le nombre de votes invalides dépassait cet écart. Cherchant vraisemblablement à sauver la face, le président Erdogan demeure pour l’instant en retrait de cette dispute. D’après les médias turcs, l’AKP devait également introduire des recours pour contester les résultats à Ankara. D’après les chiffres provisoires, les élections dans les deux plus grandes villes de Turquie ont été remportées par les candidats du bloc d’opposition constitué du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et du Bon parti (droite). La perte de ces deux villes, dirigées depuis vingt-cinq ans par l’AKP et des formations islamistes qui l’ont précédé, est un revers inédit pour Erdogan, qui a fait une campagne électorale acharnée pour éviter un vote sanction en pleine tempête économique.