L’écrivaine marocaine d’expression anglaise établie aux Etats-Unis, Leila Lalami vient de publier un nouveau roman “The Other Americans”, paru aux éditions Pantheon New York et déjà largement salué par la critique comme l’un des livres “les plus attendus” de 2019. Leila Lalami signe ici son quatrième roman après “The Moor’s Account”, un roman historique sur l’histoire d’un esclave marocain considéré comme le premier explorateur noir de l’Amérique, qui l’a propulsée vers une notoriété publique aux Etats-Unis et auprès du lectorat anglo-saxon et lui a valu plusieurs prix, notamment l’American Book Award et une place de finaliste du prestigieux Prix Pulitzer pour la fiction. “The Other Americans” est un thriller à suspense qui raconte l’histoire de Driss, un immigré marocain résidant en Californie, qui a été tué par une voiture roulant à vive allure avec délit de fuite alors qu’il traversait une intersection mal-éclairée. Les répercussions de sa mort mettent en jeu une pléiade de personnages: sa fille Nora, compositrice de jazz qui revient dans sa petite ville natale du désert de Mojave (Sud-est de la Californie) qu’elle pensait avoir quittée pour de bon; sa veuve, Maryam, toujours nostalgique de sa vie dans la mère-patrie, le Maroc; Efraín, un témoin sans-papiers dont la peur de l’expulsion l’empêche de se manifester; Jeremy, un vieil ami de Nora et un ancien combattant de la guerre en Irak; Coleman, une détective qui découvre lentement les secrets de son fils; Anderson, un voisin essayant de renouer avec sa famille; et Driss, lui-même. Alors que les personnages – profondément divisés par l’origine ethnique, la religion et la classe sociale – racontent leurs histoires, des liens se nouent entre eux, tandis que la famille de Driss affronte ses secrets, la ville fait face à ses hypocrisies, un amour chaotique et imprévisible voit le jour. Dans ce roman, Leila Laalami utilise une multiplicité de points de vue narratifs qui plongent le lecteur dans le vécu de neuf personnages et contribuent à dénouer le mystère derrière le décès de l’immigré marocain. Tour-à-tour, les narrateurs nous livrent une introspection dans leur propre passé et leurs sentiments présents tout en jetant la lumière sur des traits d’autres personnages. Lors d’une rencontre avec les lecteurs à Washington, dans le cadre d’une tournée de promotion dans quatorze villes des Etats-Unis (23 mars-11 avril), l’auteure a révélé avoir initialement écrit le roman à la troisième personne, pour prendre une pause après son roman historique “The Moor’s account” où elle avait utilisé une narration à la première personne avec la voix formelle d’un esclave marocain du 16è siècle. l