Gilles & John sont dans le TGV qui les ramène de Paris à Lyon. Ils se félicitent d’avoir saccagé les Champs Elysées. Assis dans un carré famille de 4 places, ses jambes allongées et pieds puants sur le siège d’en face, John n’a pas d’empathie pour le sarrasin d’en face à jour de ses ablutions conformément aux prescriptions de la religion mahométane. Il est content de l’incommoder avec ses guiboles endolories par de nombreuses courses poursuites avec les compagnies républicaines de sécurité (CRS) toute la journée sur le macadam de Paname. Le sarrasin tente de nouer un contact avec Gilles & John. « Vous dites que vous avez brûlé les Champs-Elysées, ce n’est pas gentil pour mon fils qui habite dans cet endroit ! Je suis venu du Maroc pour passer quelques jours de vacances chez lui. Mon fils habite une jolie maison sur les Champs. ». Un Ben sarrasin devenu rupin à Paname, ma parole d’horreur ! John n’avale pas ça, comme jadis Adam n’avait pas avalé le fruit de l’arbre de la connaissance contrairement à Eve. Depuis que l’Homme a quitté cette étape de l’évolution, que les plus sachant nomment « chasseur-cueilleur » et que les plus bigots nomment « paradis », Adam est toujours gorille, misant tout sur sa force pour dominer le monde, alors qu’Eve est devenue beaucoup plus smart et finira un jour par stocker Adam dans une paillette dans de l’azote liquide, comme jadis le moteur à explosion avait chassé le cheval et le taureau de la ferme en les renvoyant à leur rôle social de producteur de semence. « Votre fils, il fait quoi dans la vie ? » demande Gilles, intrigué par la réussite d’un primo-migrant. « Il est dans l’agriculture, la journée il travaille au « Champ-de-Mars » pour vendre de l’herbe et récolter du blé. Et le soir il rentre dormir dans un bel appartement sur les Champs Elysées. Il est aussi dans la production des chevaux et du riz. Il m’a dit qu’il possède plus de 800 chevaux cabrés dans son bolide fer à riz ». La langoureuse voix de la téléphoniste de la SNCF annonce que le TGV arrive bientôt à la Gare de Lyon de la Part Dieu, que c’est le terminus du train, que tous les voyageurs doivent descendre du TGV sans oublier leurs bagages. Le pèlerin Marocain paraphrase ainsi cette annonce : « cette gare s’appelle Part Dieu ! « 7amdo lilas », sans doute elle a été construite par nos valeureux musulmans qui l’ont ainsi baptisé par la grâce divine de « Bismi lilas ». Y a Rabbi nous sommes à toi et nous y reviendrons. ». Il en fallait pas plus pour faire sortir John de ses gonds. Gilles tente de contenir l’éruption volcanique de son compère. Mais c’est trop tard, nous voilà revenu au XVIe siècle. L’expression “se mettre hors de ses gonds” pour qualifier une personne qui s’emporte est parue à cette époque. Le “gond”, élément d’une charnière de porte, est un axe vertical, donc stable. A cette même époque, on disait d’une personne équilibrée qu’elle “se tenait sur ses gonds”. Il s’agirait donc ici d’un individu qui ne serait pas aussi calme que l’exigent les normes sociales concernant l’équilibre mental.

(A suivre)

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