S candale d’envergure internationale dans le secteur de la santé. Des pots-de-vin ont été versés à des fonctionnaires dans plusieurs pays, dont le Maroc par la firme allemande Fresenius Medical Care AG & Co, pour gagner ou conserver des marchés. Ces accusations émanent du département américain de la justice qui a publié à ce sujet un communiqué daté du 29 mars dernier. Spécialisée dans la fourniture de produits et dispositifs médicaux, la société indélicate qui a reconnu les faits a écopé d’une amende de 231 millions de dollars pour avoir soudoyé des responsables « pour obtenir des débouchés à l’étranger ». Au Maroc, la corruption a été versée « par le biais d’une commission bidon à un fonctionnaire marocain dans le but d’obtenir des contrats pour développer des centres de dialyse rénale dans des hôpitaux militaires publics marocains », précise ce communiqué qui nous apprend également que « la commission bidon paierait 10 % de la valeur du contrat au fonctionnaire marocain et déguisait cette somme en une prime versée à un employé de Fresenius ». Opérant sur le marché depuis près de 30 ans, Fresenius a perçu dans la loi Louardi 113- 13 qui a ouvert aux opérateurs privés d’accéder au capital des cliniques une belle opportunité pour accroître ses bénéfices. Et c’est le créneau juteux des centres privés d’hémodialyse (plus de 3 millions de Marocains souffrent d’insuffisance rénale chronique) qui a aiguisé les appétits de firme allemande. On connaît désormais les arguments employés par Fresenius Medical Care NC Morocco, dont le concurrent US s’appelle Baxter, pour parvenir à ouvrir en peu temps plusieurs centres au Maroc. Avec les Américains, il faut avoir les reins solides.