1 Dans le cadre de la politique d’assistanat initiée par Benkirane avec la subvention des veuves à hauteur de 1.000 DH par mois, le PJD propose d’élargir cette politique électoralement rentable aux autres catégories socialement vulnérables. Plus la population des exclus augmente, plus le PJD récolte de voix lors des élections.

2 Soucieux de soutenir son ministre Lahcen Daoudi qui se distingue par des idées fixes sur la fixation et une capacité phénoménale à faire le plein du vide, le PJD considère comme judicieuse la stratégie de plafonnement des marges et des profits des pétroliers et tout ce qui est de nature à prendre de la hauteur dans ce pays comme l’intelligence politique et l’intelligence tout court, le quotient intellectuel et le savoirfaire, l’ouverture et la compétence. On peut appliquer le même principe du plafonnement pour fixer par décret le niveau tolérable de la flambée de la criminalité, de la pauvreté et du chômage.

3 Déterminé à faire fructifier sa politique de proximité génératrice de revenus vocaux, le PJD propose la création de 1 million d’emplois dans le secteur de la vente à la sauvette et des ferrachas où le Maroc possède des avantages comparatifs indéniables. Le chômage des jeunes diplômés qui nous pompent l’air avec leur sit-in aux abords du Parlement serait ainsi combattu de manière radicale par le travail en plein air.

4 Fidèle à sa ligne masquée que notre sœur écervelée a dévoilée par imprudence et immaturité à Paris, le PJD propose aux citoyens d’oublier vite cet incident et de continuer à voter pour ses barbus et voilés made in PJD reconnaissables à leur sourire narquois.

5 Le PJD est partisan de l’abolition de toutes les langues, sauf l’arabe, le langage populiste et la langue de bois. En conformité avec l’ADN islamiste et partant de notre conviction que tout ce qui est étranger nous est étrange, cette revendication est de nature à renforcer davantage notre politique de verrouillage des esprits et de promotion des inepties d’un degré supérieur.

6 Désireux de remplir les caisses de l’Etat, le PJD soutient la poursuite de la surtaxation des produits de luxe comme l’alcool et les véhicules haut standing. Dans le même ordre d’idées, nous proposons de soumettre à la même pression fiscale les rasoirs pour hommes ; ce qui aura comme effet mécanique de cultiver plus de barbes fournies au Maroc, signe extérieur d’une religiosité de plus en plus trompeuse.

7- En France, le peuple avisé des gilets jaunes a exigé l’organisation du RIC, pour référendum d’initiative citoyenne. Au PJD, on penche plutôt pour le CIRC, les cercles d’initiation religieux communs. Ces cours islamiques intensifs sont à démarrer sur tout le territoire national dès la paternelle, soit l’âge de 4 ans, dans la cosmogonie islamo-intégriste.

8 Au PJD, nous avons inventé un nouvel indice politico-économique digne d’être breveté : l’indexation des aides sur la votation. Ce qui signifie que plus les citoyens votent lanterne, plus ils sont assistés. Cette règle a ceci d’avantageux de mieux rationnaliser les budgets alloués à l’assistanat. Et permettrait par conséquent d’éviter les dérives de la caisse de la compensation qui profite plus aux riches qu’aux pauvres.

9 Depuis notre arrivée au pouvoir en 2012, pas une seule entreprise étrangère n’a investi pour nos beaux yeux. Pour pallier cette insuffisance chronique, le PJD propose la mise en place d’un fond national d’investissement alimenté par l’argent des citoyens pieux ou supposés comme tels. Cette manne sera investie dans la création d’une industrie de babouches-tarbouches certifiée ISO halal par notre MUR des fermentations.

10 Depuis que notre ex-leader égaré Abdelilah Benkirane s’en est tiré avec une retraite exceptionnelle de 90.000 DH qui ressemble dans notre contexte plein de dénuement à un butin de guerre, le PJD est passé aux yeux de nos concitoyens pour un parti de profiteurs et de mendiants. Par souci d’équité et de justice sociale, le PJD propose de décréter la retraite pour tous payée sur une batterie d’allèchements fiscaux.

Ahmed Zoubaïr