Le Parlement égyptien vient d’approuver récemment l’examen d’une série d’amendements constitutionnels qui permettraient, entre autres, au président Abdel Fattah Sissi de se représenter à la présidentielle après son deuxième mandat, en 2022. Quatorze amendements doivent être examinés, ainsi que neuf nouveaux articles. L’un d’eux vise à porter la durée maximale du mandat présidentiel à deux fois six ans, contre deux fois quatre ans actuellement. En Egypte, les partisans de Sissi en campagne pour le maintenir au pouvoir « Présidence à vie » La commission législative doit désormais préparer le texte qui sera soumis, après un délai de soixante jours, en plénière pour un vote final. Le Parlement devra ensuite fixer une date pour un référendum, comme le prévoit la Constitution de 2014. Les amendements devraient être approuvés sans difficulté, car la très grande majorité du Parlement actuel soutient le gouvernement de M. Al-Sissi. Seul un groupe d’un peu plus d’une dizaine de parlementaires se présente comme étant d’opposition, mais leur poids n’est pas suffisant pour se faire entendre. Dans une rare critique du gouvernement, le député Ahmed Tantawi a déclaré: « Nous mettons un pouvoir absolu dans les mains d’une seule personne […] alors que le peuple attendait de nous “Pain, liberté, justice sociale et dignité humaine” [le principal slogan de la révolte de 2011].» Les propositions d’amendements portent aussi sur un retour du bicamérisme, ou encore une reformulation du « rôle de l’armée en défense de la Constitution et de la démocratie ». l