Ohhhh Le Marly ! Quiconque passerait devant un tel établissement s’arrêterait d’ébahissement. L’architecture est celle d’un vieux conte que l’on pourrait facilement retrouver dans les livres d’histoiregéographie. Parallèlement à ses confrères du trottoir d’en face, Le Marly étonne et attire. Une fois à l’intérieur, l’émerveillement se poursuit, mais pas pour longtemps… Le serveur nous dépose les menus sur une table ronde verte et dorée, une merveille en soi cette table. Il ne nous laissera pas plus de dix minutes pour revenir et nous demander notre commande. Face à notre hésitation, il se voudra quelque peu pressant. Récitant tel un robot sans passion les plats disponibles. En ce samedi hivernal, plutôt chaud pour la saison, Le Bec Tranchant s’attardera sur un gros petit-déjeuner, qu’il espérera transformer en brunch. En quelques minutes, les premiers mets font leur apparition sur la table. C’est un second serveur qui nous apporte la commande, et Dieu merci, celui-ci est plus calme et plus souriant. Un jus de carotte, des morceaux de pain, du fromage blanc, de la confiture, du miel et du beurre en pot. Ces derniers laissaient apparaître une marque peu chère sur leur emballage. Arrivent ensuite l’omelette, le chocolat chaud, le jambon, le pancake au Nutella ainsi que le yaourt bio. Une liste de choses qui dérange déjà notre Bec qui sent sa critique s’aiguiser. Lorsqu’il a lu pancakes sur le menu, il s’attendait à au moins trois pièces. Et non, il n’y en a qu’une seule. Jambon… une seule tranche négligemment posée sur une feuille de salade accompagnant l’omelette. Le yaourt bio, semblait bien trop vivace en termes de couleurs, pour un yaourt sans colorant (qui dit bio, dit sans colorant !). Goûtons et jugeons. L’omelette semblait volumineuse et légère, ce qui prouve que les blancs ont été montés en neige. Un effort notable pour un restaurant qui ne désemplit pas. Elle manquait par ailleurs de lait (pour la douceur) et de fromage, comme indiqué sur le menu. Le fromage blanc, quant à lui, ressemblait tout à fait à celui que nous trouvons en boîte dans les grandes surfaces, pour ne pas le nommer. Autre produit industriel… le yaourt bio ! Il avait le même goût que celui acheté en pot. Il était agrémenté d’une sauce framboise industrielle, et non d’un coulis fait maison. Le chocolat chaud, n’est pas un chocolat à proprement dit, c’est en réalité un lait au chocolat tout simple. Enfin, et heureusement que Le Bec trancha sa fourchette dans le pancake seulement en fin de déjeuner, car il était moelleux à souhait. Ce dernier était délicieux. Si le petit-déjeuner semble fourni, par la diversité de ses produits, il n’en est rien en fait. N’ayant qu’une pièce de chaque, nous pourrions penser à une dégustation et non à un long brunch de weekend. Ce repas est proposé à 95 dirhams. Il semblerait que pour ce petit-déjeuner que nous puissions trouver en plus copieux dans n’importe quel café basique, les patrons nous font payer au plus fort le lieu plus que la gastronomie. Ça serait plus approprié et honnête qu’ils remplacent la carte du petit déjeuner par un menu lieu et décoration.

Le Bec Tranchant