Il fait un froid de Canard ces derniers jours. Il n’y en a que pour les soupes et bouillons, couvertures et bouquins, chauffages et grippes… Dans un monde idéal nous mangerions tous sains et aurions préparé l’arrivée de l’hiver avec sérénité. Au lieu de ça, les belles plumes d’hiver laissent place à un teint grisâtre, les crèmes solaires aux crèmes contre la toux et les tee-shirts jaunes aux cols roulés noirs. C’est bien connu, l’hiver donne faim. Et vous n’êtes pas sans le savoir, Le Bec Tranchant est gourmand. Depuis quelques jours, précisément depuis le début des premières pluies, les protéines lui font plus de l’œil que les vitamines fruitées. Pour vous, il s’est rendu cette semaine au Yoma Coffee Kitchen dans le quartier Socrate de Casablanca. Le restaurant se définit en trois lieux distincts. Une pièce principale, une terrasse et une pièce à l’étage où des clients travaillent en silence. Un serveur à la porte dirige immédiatement les gens vers la table demandée, à savoir en terrasse. Il ne lui faudra pas une minute complète pour apporter le menu de boissons et plats. A première vue, il n’y a pas une grande diversité de plats. Le serveur surveille ses clients discrètement du coin de l’œil, afin de ne rien rater de leurs réclamations. Un point positif. La commande est passée, il n’y a plus qu’à attendre. Et ça, attendre, Le Bec Tranchant n’apprécie pas beaucoup. Fort heureusement, il est tombé sur un restaurant où le gestionnaire semble aussi stressé que lui. Au bout de cinq minutes, le serveur dépose olives, beurre et pain sur la table dans de magnifiques ustensiles miniatures. Deux minutes après, c’est au tour du latte vanille de se faire une place sur la table. Il est servi dans une grande tasse longue transparente. A vrai dire, pour ne rien vous cacher Mesdames et Messieurs, par le froid qu’il fait en ce moment, en commandant un latte vanille, Le Bec Tranchant s’attendait à le recevoir dans une grosse tasse (type bol) qu’il pourrait entourer de ses mains. Non ce n’est pas un rêve, simplement une suite logique à la décoration. En effet, en salle, le restaurant est plutôt cosy avec de gros fauteuils et un con type bibliothèque. Les tables sont basses et originales. Il ne manque qu’une tasse chaude et une petite couverture pour se sentir chez soi ! Allons bon, ça suffit les cours de décoration, parlons du goût. Il s’agissait d’un café basique mais très doux en bouche. Nul besoin de lui ajouter du sucre, il l’était déjà, ce qui nous laisse penser que le mélange a été réalisé à base de sucre vanillé… qui sait ! Vingt minutes après son arrivée, Le Bec gourmand voit son plat arriver. Le serveur le dépose délicatement sur la table en lui souhaitant un très bon appétit. Visuellement, rien à reprocher, la purée d’un côté, les légumes en face et le cordon sauce bleue, élément déterminant de l’assiette. Ce dernier était découpé en plusieurs morceaux. Commençons par la purée, excellente en bouche, très bon goût, parfois un petit peu sèche. Les légumes, quant à eux, ont été une belle surprise. Les carottes étaient croquantes et moelleuses à la fois et la cuisson ne leur a rien fait perdre de leur saveur vitaminée. Les choux de Bruxelles étaient un peu plus mous et légèrement plus salés. Passons au cordon sauce bleue. Alors le cordon, Le Bec connaît, la sauce bleue, aussi, mais les deux ensembles… A découvrir ! A la première bouchée, Le Bec Tranchant reconnaît un léger goût de fromage bleu, pas très prononcé cependant. Les morceaux offraient aussi un arrière-goût de chips. Ehhh si de chips. Il faut croire que le Chef a fait preuve d’originalité, et on ne peut que le féliciter pour cela. Le poulet, la sauce et le goût de chips, le tout mixé, prouvent un travail méticuleux d’un Chef qui n’a pas peur de prendre des risques.

Le Bec Tranchant