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Confus de Canard
Plus de niveau, bonjour le caniveau
 Juste après l’allocution royale devant le parlement avec ses deux chambres, une rixe a éclaté entre le conseiller du PAM Aziz Lebbar connu pour être une grande gueule parlementaire et le patron de l’Istiqlal Hamid Chabat. Les deux ont en commun d’occuper le bord de l’opposition et d’être issus de la ville de Fès. Insultes, un mot plus haut que l’autre, provocation, puis les deux hommes en viennent aux mains sous le regard passif du président de la deuxième Chambre Mohamed Cheikh Biadillah. Au lieu de d’intervenir pour calmer les esprits et mettre fin à la bagarre, des élus istiqlaliens, qui ont joué les hommes de main, ont entrepris d’alimenter la tension en agressant le conseiller PAM. L’excès de zèle même dans des situations de violence, Chabat sait maintenant sur qui il peut compter en cas de nouvelle agression ! Cette séquence spectaculaire illustre parfaitement l’état d’une institution qui a basculé depuis longtemps dans la médiocrité et l’insignifiance. Quand les élus ne s’insultent pas mutuellement et copieusement ou provoquent des rixes dignes de voyous de quartiers, quand ils ne font pas la sieste en pleine séance plénière ou interpellent le Premier ministre sans aucun égard dû à la fonction, il ne reste plus qu’à s’interroger sur l’utilité de ce Parlement décalé qui ne sait ni débattre dans la sérénité, ni élever le niveau des discussions, ni être en phase avec les vraies préoccupations de la société ni donner une image honorable de la députation. Bien au contraire. Chaque jour, ils réconfortent les citoyens dans l’idée très peu flatteuse qu’ils se font de cette fonction, ce qui renforce davantage l’antiparlementarisme primaire chez la population. Tel qu’il dysfonctionne en continu, le Parlement ne remplit parfaitement que le rôle de dévoreur de l’argent public sous forme de charges salariales, frais de représentation et autres missions à l’étranger perçues principalement par leurs bénéficiaires comme des voyages d’agrément qui leur permettent de visiter du pays et faire du shopping. Au même titre que plusieurs expressions à la mode comme la bonne gouvernance et le développement durable, la diplomatie parlementaire est juste un slogan qui orne les discours nourris à la langue de bois de ces très chers responsables. Parlement tours et Parlement circus collent mieux à un hémicycle peuplé de profils qui sont loin d’être la voix du peuple mais juste des machines à récolter des voix électorales. Là réside tout le problème de la politique à la marocaine qui n’attire et ne réussit qu’aux notabilités locales bien implantées dans leur fiefs. Peu importe qu’ils soient instruits et honnêtes, l’essentiel c’est qu’ils possèdent les moyens sonnants et trébuchants de gagner des sièges parlementaires. Et ce sont ces candidats que tous les partis sans exception font tout pour avoir en leur sein. Plus de niveau, bonjour le caniveau. devant cette dégradation consternante, on en arrive à regretter l’époque de Driss Basri et son dispositif de co-fabrication préalable avec la classe politique de la carte électorale et de pré-entente sur les candidats assurés de gagner d’avance ; le niveau du Parlement, grâce à ce système qui mêle cooptation des élites et falsification des élections, n’était pas aussi catastrophique qu’il l’est aujourd’hui car rehaussé par des profils intéressants (professeurs universitaires, avocats et chefs d’entreprises) qui savaient animer les débats parlementaires. Le Parlement actuel, qui a perdu énormément en qualité aussi bien des interventions que de ses occupants, ne compte plus des profils aussi pointus comme Mohamed Ziane, Mohamed Louafa, M’Hamed El Khalifa, Fathallah Oualalou qui ont fait les beaux jours du Parlement… Certes, il n’est pas question de revenir à des pratiques tant décriées qui vont à l’encontre de la transparence et de la compétition démocratique mais la liberté de se porter candidat aux institutions du pays (Parlement et collectivités locales) ne doit plus être exploitée par les partis politiques, premiers responsables de cette mascarade parlementaire, pour présenter n’importe qui lors des élections. Pour pousser ces derniers à faire un effort à ce niveau-là, la subvention qui leur est octroyée doit pouvoir tenir compte de la qualité des députés qu’ils écrèment. Et si ces partis ont l’intérêt du pays chevillé au corps, ils signeront de manière volontariste un gentlemen agreement qui les oblige tous à accréditer des candidats pas en dessous d’un certain niveau d’études qu’ils auront déterminé d’un commun accord. En effet, il faut plus que des discours pour assainir l’institution parlementaire et réhabiliter l’action politique dans ce pays. A quelques mois des élections communales, le Maroc a besoin d’un signal fort et d'un choc psychologique pour rétablir la confiance dans ses institutions élues et donner à voir au citoyen autre chose que les clowneries dont sa classe politique est devenue coutumière.
 
Abdellah CHANKOU

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