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Confus de Canard
Benkirane en bon chef comptable
Quel impact de la marche syndicale à Casablanca du 6 février sur le gouvernement Benkirane ? Cette action de protestation était-elle de nature à le faire revenir à de meilleurs sentiments à l’égard des revendication de la classe ouvrière ? Par la voix de son porte-parole Mustapha El Khalfi, l’exécutif a annoncé la couleur bien avant en considérant que la marche en question avait un «caractère politique». Tout est dit dans ces deux mots. Comprendre : l’action du 6 avril est sans importance car elle poursuit d’autres objectifs que ceux proclamés par ses initiateurs, à savoir la défense des droits des travailleurs menacés par l’érosion au-delà du supportable de leur pouvoir d’achat à cause de la vie de plus en plus chère.Par cette attitude pour le moins curieuse, Abdelilah Benkirane poursuit sur sa lancée de «tous contre moi» dès qu’il s’agit d’une initiative qui ne le caresse pas dans le sens du poil en le mettant face à ses contradictions ou ses insuffisances en tant que chef du gouvernement. Tout à sa paranoïa politique, le patron des islamistes n’est pas loin de penser que ceux qu’il avait surnommé les diables (Afarit) et autres crocodiles (Tamassih) sont plus machiavéliques qu’il ne l’imaginait, ne ratant aucune occasion pour actionner leur relais partout dans le pays pour le déstabiliser. Cette théorie du complot à la sauce Benkirane, l’intéressé clame haut et fort en être victime à chaque fois qu’il est fragilisé par un événement fâcheux le visant comme ce fut le cas lors du lancement à Kénitra par ses soins de la caravane du PJD. Il était inconcevable pour le chef des islamistes que l’assistance ait déci-dé de l’accueillir non pas par des cris de joie et des applaudissements mais par des quolibets et des slogans peu flatteurs.Comment peut-il en être autrement alors le citoyen lambda n’a pas constaté le moindre changement dans son quotidien toujours aussi difficile depuis l’arrivée des islamistes au pouvoir ? Jusqu’ici, force est de constater que celle-ci s’est traduite plutôt par la hausse du coût de la vie et une détérioration du pouvoir d’achat du grand nombre à cause notamment de la hausse des prix du carburant. Pour une formation qui se veut proche des couches défavorisées, le constat est cruel. Victime certainement de son inexpérience du pouvoir, Abdelilah Benkirane croit qu’un gouvernement qui gère les deniers publics en bon père de famille est celui qui dépense moins en taillant dans les budgets ministériels et des institutions publiques. Or, à force de se recroqueviller sur cette vision strictement comptable de la gestion des affaires du pays au nom de la rationalisation des dépenses publiques (coupes budgétaires, politique de rigueur, etc), le Premier ministre, qui donne l’impression d’avoir de moins en moins de prise sur les vrais problèmes du Maroc, est en train de freiner la dynamique des investissements et de la création de richesses. C’est aujourd’hui, précisément depuis le début de 2014, que les conséquences de la suppression en 2013 des 15 milliards de l’enveloppe des investissements publics commencent à se faire sentir sur l’activité économique nationale qui s’installe dans la crise en souffrant d’un grave déficit de liquidités. En tout cas, ce n’est pas avec les petits calculs de Benkirane que le pays peut renouer avec le cercle vertueux de la croissance. Le PJD au pouvoir est bien parti pour contribuer efficacment à la hausse des problèmes.
Abdellah CHANKOU

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