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Confus de Canard
Violence dans l’air
A y regarder de plus près, l’agression verbale ayant visé mardi 7 décembre le ministre de la Santé dans l’enceinte du Parlement n’est pas vraiment étonnante. Indépendamment de ses raisons directes, elle peut être interprétée comme la suite logique du long feuilleton de la dégradation dangereuse du climat politique dans ce pays. Le fond de l’air général est à la violence, à l’agressivité souvent gratuite, injustifiée. Si cette spirale malsaine devait continuer, il faut craindre le pire.
Institution élue et à ce titre censée cultiver le respect et la sérénité, le Parlement est devenu depuis quelque temps l’endroit qui cristallise et incarne à la fois tous les travers. Transformé par certains de ses membres en caniveau où se pratique devant les caméras un langage ordurier avec des attitudes de plus en plus irrévérencieuses, l’hémicycle déjà très peu estimé des citoyens a perdu le peu de crédibilité qui lui reste.
L’autre jour, un député de l’on sait quel parti a pris la parole pour baver sans respirer pendant plus de dix minutes contre le Premier ministre qu’il a traité de tous les noms avant de conclure qu’il a besoin d’un suivi psychiatrique. Cet homme parlait avec une telle hystérie qu’on le croyait au bord de la transe. Il ne manquerait plus alors pour que la boucle soit bouclée l’intervention d’un exorciste pour purifier son corps et son cœur des démons de la politique politicienne et du populisme satanique. Plus grave, certains députés comme celui-là n’ont plus peur de sombrer dans le ridicule et la bassesse en se vautrant dans la diffamation et l’injure.
Ces dérives récurrentes sont même devenues, à force de ne pas être sanctionnées de manière ferme et forte, le critère du «bon» parlementaire, celui qui tout en vociférant plus que les autres sait ravir la vedette aux autres par son insolence et sa gros- sièreté. d’où une surenchère permanente et une course sans relâche vers le spectacle. Cette ambiance de «tout est permis» provient certainement du relâchement général qui règne dans le pays depuis quelques années et que certains ont exploité pour régler leurs comptes en recourant à des méthodes que la morale réprouve.
Ce climat très tendu est entretenu par le Premier ministre lui- même dont les sorties sous la coupole ont le don de provoquer ses adversaires politiques qui ne lui pardonnent pas le moindre écart de langage, s’empressant de lui répliquer séance tenante en ajoutant de l’huile sur le feu. du coup, le cirque parlementaire s’installe dans toute sa splendeur. Quand ils ne viennent pas au Parlement pour piquer un somme, ils y vont pour faire les guignols. Les signes de la déliquescence de l’institution parlementaire
sont là. Un grand chantier de réussi.
 
 
Abdellah CHANKOU

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