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Confus de Canard
Benkirane part en vrille
Abdelilah Benkirane a bien commencé l’année 2014 puisqu’il a encore trouvé les boucs-émissaires de ses turpitudes et de l’inaction de son gouvernement au cours de 2013 : Les manigances de halmid Chabat (qu’il n’a pas cité) et le printemps arabe qui a viré à l’automne en Tunisie, Libye et Egypte. Le chef s’est étendu de long et en large sur sa théorie du complot devant ses ouailles samedi dernier à Salé à l’occasion de la tenue du conseil national du PJd. Si les réformes promises par les islamistes ont accusé un retard c’est donc à cause de ces deux facteurs externes.
En somme, c’est Abdelilah le patron du PJd qui a pris la parole pour défendre Benkirane le Premier ministre en brossant à ses interlocu- teurs un contexte de guerre qui lui a été imposé par les adversaires de l’avènement des islamistes au pouvoir. La formation d’une nouvelle majorité est à ses yeux le signe de l’échec de leurs manœuvres tout en se félicitant du bilan de son équipe gouvernementale. Abdelilah a surtout exprimé son optimisme par rapport à Benkirane 2 dont il a déjà préjugé de la réussite, s’octroyant au passage du titre de chef de guerre qui a terrassé ceux qui cherchaient à faire avorter l’expérience des islamistes au pouvoir.
A y regarder de plus près, le patron du PJd n’a fait que servir à tire-larigot un discours destiné à la consommation interne. Objectif inavoué : Redorer son blason auprès des siens qui lui en tiennent rigueur d’avoir fait beaucoup de concessions, lors des négociations en vue de la formation de son nouveau cabinet, à l’ennemi d’hier devenu subitement grand ami et partenaire de choix, le RNI de Sa- laheddine Mezouar. Faire oublier cet épisode douloureux, resté en travers de la gorge de bien des militants, aura été l’enjeu essentiel du laïus de Benkirane devant sa base. Mission accomplie puisqu’il a réussi non seulement à faire avaler à ses troupes la couleuvre RNI mais aussi à les haranguer comme s’il était en meeting électoral.
de bout en bout de cet exercice mêlant recherche du quitus pour sa gestion, très discutable du reste, des affaires gouvernementales et volonté de reconstruire un front interne qui commence à craqueler sous les coups des critiques, Abdelilah Benkirane est resté emprisonné dans son carcan de chef de parti obsédé seulement par le désir de reconquête du respect et de la considération de ses ouailles. Autrement dit, Benkirane a raté, encore une fois, l’occasion d’agir en véritable Premier ministre qui transcende les petits calculs politiciens pour s’adresser aux Marocains en leur montrant le cap en ces temps de crise économique et de disette financière. Fidèle à ce qu’il est, il s’est offert une crise avec l’Istiqlal dont il a accusé indirectement sous la coupole certaines de ses figures de posséder des biens à l’étranger. Ce qui lui vaut un procès en diffamation intenté par le parti de Chabat. Ça commence à faire trop pour les alliés du PJD qui commencent à exprimer en privé leur exaspération, se demandant s’ils peuvent rester dans un gouvernement dont le chef n’arrête pas de partir en vrille.
 
Abdellah CHANKOU

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