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Confus de Canard
Dialogue asocial
Ailleurs, le dialogue social est un facteur de compétitivité économique. Au Maroc, qui est à mille lieues de cette approche productive, on en est encore au stade de partenaires sociaux agissant dans le fond comme des adversaires qui cherchent chacun à prendre le dessus sur l’autre dans le cadre d’un bras de fer insidieux. Donnant libre à leur mécontentement au sortir d’un round convoqué à reculons, les syndicats accusent régulièrement le gouvernement de ne pas tenir ses engagements et de mener des politiques de paupérisation des classes laborieuses. Et d’agiter la muleta de la grève générale pour faire plier le gouvernement qui finit par lâcher un peu de lest pour amadouer son interlocuteur. Cela fait des décennies que se répète jusqu’à l’usure le même scénario lassant sans que n’émerge une démarche novatrice et mature dans le dialogue entre partenaires qui indiquerait qu’ils sont en phase avec les impératifs du nouvel ordre économique mondial et partant des vrais défis qui assaillent l’entreprise marocaine. D’ailleurs, le discours des uns et des autres est complètement caduc, périmé, s’écartant complètement des nouvelles réalités du travail. Les syndicats se cramponnent comme huître à son rocher à une augmentation générale des salaires et une valorisation des pensions familiales selon un barème établi par eux. Ce qui est somme toute légitime dans un pays où le pouvoir d’achat du grand nombre n’a de cesse de se détériorer sous les coups de boutoir de la vie chère. Tout à sa volonté de désamorcer la grogne sociale, le gouvernement répond à cette réclamation par une décision de valoriser salaires à hauteur de 400 Dh sur une période de 3 ans. Excepté l’UGTM qui a accepté la proposition de l’exécutif alors qu’il est affilié à un parti d’opposition, les autres centrales ont dit niet. Retour à la case départ ou nulle part. Ce qui va leur permettre d’entretenir pour les années à venir leur sempiternel fonds de commerce accusatoire habituel en désignant le gouvernement comme responsable de la dégradation des conditions sociales des travailleurs. Il faut bien qu’ils puissent vivre aussi…! C’est ahurissant que le Maroc reste incapable d’accoucher d’un dialogue social de qualité, considéré comme le véritable levier de performance des entreprises, alors que le chômage des jeunes diplômés a atteint des sommets inquiétants. Comment promouvoir une politique d’emploi sérieuse et productive dans un contexte plombé par le dialogue de sourds des acteurs concernés, incapables de s’entendre sur les vrais enjeux du dialogue social que sont, en plus de la rémunération et autres avantages bien sûr, la formation, le bien-être au travail et la gestion des risques. On est loin de ce cercle vertueux à cause entre autres d’une relation patron-employés qui n’est pas empreinte de confiance, porteuse de conflits et de stéréotypes pouvant détruire l’outil du travail. Il faut reconnaître que l’erreur est originelle se trouve dans les choix politiques des gouvernants pour attirer le capital étranger : faire du Maroc un pays moins disant social pratiquant entre autres mesures incitatives des salaires très bas et offrant un code de travail faible. Si les responsables avaient investi dans une éducation-formation de qualité, le Maroc serait aujourd’hui fort d’un capital humain qualifié, productif, inventif et rémunéré selon son degré de technicité. Force est de constater aussi que les protagonistes du présent qu’ils soient politiques ou syndicaux sont les hommes du passé avec des réflexes anachroniques. Et rien dans leur posture ou discours n’indique qu’ils sont acteurs du changement salvateur dont a besoin urgemment le pays pour sortir de l’ornière. 
Abdellah CHANKOU

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