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Confus de Canard
Trump, c’est Trump
Un adage bien marocain dit : faire le fou permet de gagner. Et c’est cet adage qui s’applique bien à Donald Trump. Il est certain que le président américain n’est pas fou mais qu’il surjoue volontiers la folie pour mieux imposer son diktat au reste du monde dans un unilatéralisme brutal et sans précédent. Ce qui au passage lui offre la possibilité de tenir ses promesses de campagne qui paraissaient alors invraisemblables. Juste des paroles pour séduire le chaland électoral. La dernière promesse en date, le transfert effectif, lundi 15 mai, de l’ambassade US à Jérusalem en violation flagrante des résolutions internationales, a provoqué la mort de plus de 60 Palestiniens et plus de 2.000 blessés, victimes des tirs de l’armée sioniste. Une nouvelle boucherie perpétrée par un Etat terroriste contre des Gazaouis sans défense sur fond d’une énième humiliation d’un monde arabe affaibli par ses propres divisions. On raconte que si Donald Trump a pactisé à ce point avec l’occupation israélienne ce n’est pas seulement pour faire plaisir à Benjamin Netanyahou le sanguinaire. En agissant ainsi, il cherche à draguer les fondamentalistes chrétiens qui composent une partie de son électorat. Faisant une lecture littérale de la Bible, ces derniers ne sont pas forcément pro-Israéliens mais croient dur comme fer qu’un Israël de plus en plus fort et dominateur avec Jérusalem comme capitale va dans le sens du retour du Messie et l’avènement de l’apocalypse. Mais en attendant la fin du monde et le retour de Jésus Christ sur terre, Trump s’active pour achever définitivement un processus de paix déjà au point mort et tuer toute perspective de création d’un Etat palestinien. Ce raisonnement fait transparaître la vision simpliste de Trump. Pour lui, le monde est divisé en deux, les gagnants et les perdants. C’est dans cet état d’esprit qu’il s’est enhardi à déchirer tous les accords signés par son pays. L’accord de Paris sur le climat autant que celui du nucléaire iranien. Maintenir les Etats-Unis dans le consensus international, il s’en moque comme de sa première balle de golf. Mais l’autre Golfe et ses monarchies l’intéressent car bourrées de pétrodollars. Souvenez-vous des méga-contrats qu’il a arrachés à l’Arabie Saoudite le sourire en prime lors de sa visite en grande pompe à Riyad en mai 2017 de plus de 380 milliards de Dollars dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad destinés à contrer les « menaces iraniennes ». Si le régime des Ayatollahs est la bête noire ses Saoudiens, il l’est autant pour Israël qui le considère comme la seule menace réelle pour son existence, dès lors que l’Irak et la Syrie ont été détruits. En vérité, Trump utilise l’argent des Saoudiens pour assurer moins la sécurité du royaume des Al Saoud que celle de son ami israélien menacée par la seule vé- ritable puissance régionale qu’est l’Iran. Le fait qu’il ait déchiré l’accord sur le nucléaire iranien procède de cette arrière-pensée. En se gardant de proposer un plan B, le président US mise sur les sanctions économiques qui pourraient provoquer une révolte populaire contre le régime et sa déchéance… Le même scénario à la syrienne risque donc de se répéter. Ainsi fonctionne Donald Trump. Avec ses tweets offensants à répétition, il prend tout le monde de haut, n’en faisant qu’à sa tête, Tout à son sentiment de superpuissance, il n’arrête pas de se moquer de ses alliés européens dans une attitude humiliante non exempte d’arrogance. Le président français Emmanuel Macron n’est-il pas revenu bredouille de sa dernière visite à Washington alors qu’il pensait faire fléchir son hôte sur lequel il a énormément investi sur le plan personnel ? Tout compte fait, la stratégie du pire de Trump dessine les contours d’un monde plus complexe et incertain que jamais. Mais Trump c’est Trump… 
Abdellah CHANKOU

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