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Edito
Ambivalence européenne
 Le plus simple et le plus cohérent pour le Maroc est de  reconsidérer dans le fond les principes de son partenariat avec l’Union européenne et à mettre fin aux accords de coopération invalidés par ses magistrats. D’un côté, l’UE signe des accords avec le Maroc en tant que pays souverain sur l’ensemble de son territoire et  de l’autre côté la Cour de justice de l’Union européenne s’emploie à les invalider sous des arguments juridiquement très discutables. Ce double jeu est préjudiciable aux intérêts du Maroc.

Ce dernier est bien fondé à revoir sa relation avec l’UE au vu des agissements ambigus de la cour de justice européenne qui s’entête à chaque fois de contester au Maroc sa souveraineté sur son Sahara, à coups d’arrêts pour le moins surprenants.  Le  mieux pour Rabat est de mettre fin aux accords commerciaux  signés avec l’UE dans le domaine de la pêche et de l’agriculture. En fait, l’on a du mal à comprendre  l’ingérence actuelle de la juridiction européenne dans des accords de coopération conclus entre deux parties liés par un partenariat historiquement privilégié  et le pourquoi de sa démarche tendant à dicter les zones qui doivent être inclues ou exclues des accords en question !  Et puis de quelle légitimité la juridiction européenne excipe-t-elle pour faire appliquer ses arrêtés à un pays souverain qui ne fait pas partie de l’UE ? En somme, le Royaume, qui est souverain sur tout son territoire Sahara compris, n’a pas à subir  les coups de boutoir d’un tribunal étranger mu en plus par des considérations très peu claires. Si, les juges de l’UE ont pris à ce point le pouvoir sur la commission de Bruxelles réduite à une institution fantoche, le mieux serait de négocier  directement non pas avec les hauts responsables en costume-cravate de Bruxelles mais avec les hommes en toge du palais du Luxembourg. Ça nous fera gagner du temps tout en clarifiant les choses. Car cela fait quelque temps que les choses sont de moins en moins limpides dans la relation du Maroc avec l’UE.  En décembre 2015, la même Cour s’était déjà permis en appel après un jugement concluant à son invalidation suite à une plainte du Polisario  d’indiquer la manière dont l’accord de libre-échange en matière d’agriculture et de pêche conclu en 2012 entre Rabat et l’UE devait être interprété : « conformément aux règles pertinentes de droit international applicables dans les relations entre l’Union et le royaume du Maroc, en ce sens qu’il ne s’applique pas au territoire du Sahara occidental». Que reste du partenariat Maroc-UE  après que les accords de pêche et d’agriculture, qui représentent l’essentiel des produits marocains exportés sur le territoire européen, sont ainsi amputés d’une grande composante du territoire national ? Que vaut réellement le statut avancé octroyé en 2008 au Maroc par l’UE si la justice de cet ensemble intégré ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud qui sont pourtant sous administration marocaine ? Comment peut-on accéder favorablement aux plaintes des séparatistes du Polisario alors que l’UE ne reconnaît pas la RASD ? Cela fait une foule de contradictions et un double jeu préjudiciable. 

Le Maroc n’a pas à « adapter les outils de la négociation pour être en phase avec l’arrêt de la CJUE». Ces éléments de langage, inventés  par les hauts fonctionnaires de la diplomatie européenne et repris par certains responsables marocains, montrent clairement que le Maroc n’est pas considéré dans sa relation avec l’UE comme un partenaire à part entière. Bien au contraire. Peut-être que la négociation d’égal à égal sera possible dans le cadre d’accords commerciaux conclus dans  le cadre bilatéral avec les pays historiquement proches du Maroc. L’Union européenne en tant qu’entité en mal d’homogénéité ayant montré à plusieurs reprises être traversée par des courants contradictoires et travaillée par des lobbys défendant des intérêts antagonistes qui agissent à l’encontre des intérêts du Maroc qui, lui, reste très clair dans ses choix de partenariat. Le Maroc ne conclura aucun accord se pêche avec l’UE que sur la base de sa souveraineté que sur l’ensemble de son territoire de Tanger à Lagouira, a affirmé le porte-parole du gouvernement à l’issue du conseil du gouvernement du 1er mars. C’est ferme, net et précis. 
Abdellah CHANKOU

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