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Le Maigret du Canard
A quoi sert la direction du patrimoine ?
 Le trafic des fossiles continue de plus belle. Un scandale de plus a éclaté récemment  après la révélation de la mise en vente au Mexique d’une queue de dinosaure AtlasaurusImelakei découverte au Maroc. La noblesse du but de cette transaction, le financement de la reconstruction de 5.000 écoles détruites par le séisme ayant frappé dernièrement ce grand pays, n’enlève en rien au caractère scandaleux de cette histoire qui a fait grand bruit dans le Royaume.   

A en croire Abdellah Alaoui qui ne donne signe de vie qu’à l’occasion de ce genre de faits divers retentissants,   une enquête préliminaire a été diligentée par la Direction du patrimoine qu’il chapeaute au ministère de la Culture afin de déterminer l’origine de la partie de squelette, les circonstances de sa sortie du territoire national, la légalité des démarches éventuellement entreprises ainsi que l’identité des auteurs de cette exportation. Ce n’est qu’une fois ces informations collectées que le Maroc peut, en cas de soupçons  de fraude, demander l’ouverture d’une enquête, conformément aux conventions internationales en la matière pour définir les responsabilités. Ce n’est pas la première que des fossiles d’origine marocaine se retrouvent à l’étranger après avoir emprunté des circuits détournés. L’année dernière, l’hôtel Drouot  ne s’apprêtait-il pas à mettre aux enchères à Paris une espèce rare,  le squelette quasi complet d'un dinosaure marin vieux de 66 millions d'années, avant que l’opération ne soit annulée sous la pression des associations marocaines de défense du patrimoine archéologique national. Ce qui a permis au pays d’origine de récupérer son trésor non sans avoir déboursé une jolie somme dont le montant n’a pas été précisé à son acquéreur ou receleur. 

Un autre précieux spécimen d’un dinosaure marin, d’origine marocaine, est tranquillement exposé depuis plusieurs années au plafond du musée des confluences de Lyon en France (voir les révélations du Canard n° 482). D’une valeur scientifique inestimable, ce mosasaure vieux de 70 millions d’années, tout comme ses congénères, n’a pas émigré de son propre chef!  Il a été découvert au Maroc, « dans la partie nord de la zone du Grand Daoui dans la partie nord-est du bassin des OuledAbdoun, dans la région de Sidi Daoui, un secteur activement exploité par les mines à ciel ouvert de phosphate ». Mais les autorités marocaines n’ont as bougé le petit doigt pour le récupérer ! 

Fouilles non déclarées

En fait, le patrimoine archéologique national fait l’objet d’une prédation qui ne s’est jamais arrêtée, encouragée par une absence d’un encadrement législatif  sévère des fouilles et des découvertes archéologiques. Pour un objet archéologique d’origine marocaine dont la vente à l’étranger suscite des remous au Maroc, combien d’autres trésors issus de fouilles non déclarées arrivent à quitter le territoire national et revendus à l’étranger sans que le secret ne soit jamais éventré?     

Ce qui a valu au royaume la réputation peu flatteuse de « paradis de la paléontologie et du trafic de fossiles », regorgeant de plusieurs sites exploités par des chasseurs de fossiles qui pratiquent un commerce illégal, mais plus ou moins toléré. Les richesses paléontologiques dont recèle le sol national s’expliquent par la transition entre le Crétacé et le Paléogène, il y a environ 65 millions d'années, qui a vu la disparition massive de plusieurs spécimens marins, après le retrait de la mer qui recouvrait une grande partie du pays. De grandes découvertes de dinosaures ont été enregistrées dans les régions d’Errachidia, Erfoud, Azilal et Khouribga. Dans ces différentes localités, des centaines de chasseurs de fossiles armés de pelles et d’outils rudimentaires partent chaque jour à la recherche de fossiles. Certains ont même ouvert des enseignes pour vendre leurs précieuses trouvailles aux touristes, d’autres se sont rabattus sur les réseaux sociaux comme Facebook. En février 2017, un collectionneur irlandais aux Etats-Unis a reconnu avoir acheté un fossile d’un SpinosaurusAzgypticus adulte, vieux de 100 millions d’années au Maroc. L’artefact avait été découvert dans la formation d’Ifezouane et Aoufous dans le bassin de Kem Kem (Drâa-Tafilalet). Actuellement exposé au musée de la faculté d’Ain Chok à Casablanca, un second Spinosaurusaegypticus a été déterré en 2013 par une équipe de chercheurs internationaux.

Epicentre des ventes de fossiles depuis presque 40 ans, la ville d’Errachidia dans le Draâ-Tafilalet concentre un grand nombre de grossistes et de collectionneurs qui convoitent cette richesse inestimable en matière d’objets préhistoriques et protohistoriques. Ce trafic juteux existe dans plusieurs autres localités comme Erfoud, Ouarzazate, Midelt, Taouz, Azrou, Ouzina, Tazzarine et Agdz.

Fait singulier qui facilite le pillage dans le sud marocain, les pièces archéologiques surgissent parfois au ras du sol à cause de l’érosion éolienne qui balaie les sols, favorisée par l’absence de couvert végétal protecteur. -

Selon Samir Zouhri, paléontologue et professeur à l’Université de Casablanca, le Maroc n’a pas adopté de loi claire sur le patrimoine venant de la terre et les trafiquants exploitent cette faille. Généralement, les trafiquants de fossiles s’arrangent pour exporter en plusieurs fois leurs trouvailles pour ne pas éveiller les soupçons des autorités. Les fossiles sont ensuite regroupés et montés par des spécialistes et vendus ensuite via de grandes maisons d’enchères.

Par manque de formation, la douane marocaine, elle, demeure mal outillée pour contrer et confondre les trafiquants. Combattre ce phénomène s’avère être une véritable gageure lorsqu’un douanier n’arrive pas par exemple à faire la différence entre une météorite et une simple pierre terrestre.

Permis de piller

Le commerce illicite de météorites et de fossiles rapporte pas mal d’argent aux chasseurs. Le gramme d’une météorite vaut 700 DH à l’achat et 1.500 DH à la revente. Cependant, il est arrivé qu’un seul gramme d’une météorite soit estimé à 10.000 DH. Une des petites mains de ce business informel se rappelle que les gens y allaient en famille et faisaient des chaînes humaines pour ratisser le plus large possible. Un fossile de dinosaure, quant à lui, voit son prix varier selon la taille et la qualité de la trouvaille.

Le service géologique du ministère de l'Énergie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement est en train de plancher depuis longtemps sur un texte de loi spécifique pour lutter contre ce pillage archéologique à grande échelle. En vertu de l’article 116 de la nouvelle législation minière, la collecte et la vente des spécimens minéralogiques, fossiles et des météorites sont subordonnées à l’octroi d’une autorisation délivrée par l’administration. Ce qui n’est pas toujours le cas. HasnaaChennaoui, secrétaire générale de l’APPGM, l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc juge qu’il « faut préciser ce qui est illicite, lutter contre le fléau et l’éradiquer. Tous les pays qui se respectent ont une législation qui protège leur patrimoine géologique ». En France par exemple,  les fouilles et découvertes archéologiques sont sévèrement réglementées.  Il est notamment interdit d’effectuer des fouilles archéologiques sans l’autorisation du ministère de la Culture, sous peine de s’exposer à une amende de 7.500 euros et même à des poursuites judiciaires. En plus, la découverte fortuite de vestiges archéologiques et leur acquisition doivent obligatoirement faire l’objet d’une déclaration au maire de la commune concernée. Au Maroc, rien de tout cela n’existe. Preuve, on n’a jamais entendu la police opérer le moindre coup de filets dans les milieux de ce trafic, encore moins voir des accusés comparaître devant la justice.

Ce qui équivaut pour les prédateurs des sous-sols à un permis de piller en toute sérénité et montre au passage tout l’intérêt que les responsables du ministère de la Culture et de l’Energie et des Mines portent à la préservation du patrimoine archéologique du pays !  Un patrimoine inestimable qui aurait pu être valorisé dans des parcs archéologiques et autres musées de la préhistoire.

AbdelaliDarif Alaoui

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