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Le Maigret du Canard
Les effets désirables pour Moulay Hafid
 El Houssaine Louardi quitte le ministère de la Santé après avoir fait beaucoup de dégâts dans les milieux des professionnels qu’il a réussi à diviser : le personnel soignant, les cliniciens les opérateurs des dispositifs médicaux. Mais aussi les groupes pharmaceutiques qui, à la faveur de la guerre sans merci autour du générique, comptent bien continuer à doper leurs marges.

 A vrai dire, nul ne sait sur quelle vague surfe l’ex-ministre de tutelle, tantôt il fait les yeux doux aux laboratoires et aux importateurs de médicaments, tantôt aux laboratoires producteurs de génériques. Tantôt il se veut conciliant et fédérateur, tantôt il adopte un discours empreint d’autoritarisme, comme s’il avançait en pas de deux, rythmé par la situation du moment, au point que nombre d’opérateurs trouvent que le navire de la santé au Maroc vogue sans gouvernail. Ce qui est certain c’est que l’ex-ministre laisse derrière lui un secteur divisé dont la il a réussi à exacerber les corporatismes et à amplifier les mille et un maux. Les prises de position de M. Louardi ne laissent pas indifférents bien des professionnels de la santé. Après s’être mis à dos les médecins, les cliniciens, les fournisseurs de matériel médical, voilà que le ministre accentue les tensions avec les laboratoires pharmaceutiques étrangers. Mais commençons par le commencement, puisque tout a un début et une fin. Au début de ce siècle, une bataille rangée par médias interposés a opposé les fabricants de médicaments génériques aux laboratoires sur le marché juteux du générique. Cette bataille s’est achevée par une semi-victoire des laboratoires locaux qui produisent les médicaments génériques. Les hostilités reprennent de plus belle depuis que le ministère de tutelle a annoncé l’autorisation de la commercialisation dans quelques semaines d'une série de médicaments génériques fabriqués localement pour le trai- tement de l’épilepsie, de la septicémie, de la diarrhée, du cancer de la prostate et des maladies cardiovasculaires. Dans un communiqué rendu public, le ministère de tutelle motive sa décision par le souci de « fournir des médicaments de haute qualité, efficaces et avec des prix abordables, à encourager l’utilisation des médicaments génériques, à faciliter l’accès des citoyens notamment les démunis aux médicaments innovants de façon régulière et continue et à encourager l’industrie pharmaceutique locale vu sa forte contribution au développement économique national ».

 Faveurs

 En apparence, cette démarche est louable car visant à encourager l’industrie du médicament du cru et toute critique expose son auteur à être taxé d’antipatriotisme économique. Mais derrière ledit communiqué se cache en fait une réponse du berger à la bergère à la correspondance confidentielle de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) dénonçant auprès de Louardi et de ses services un système de faveurs accordé aux importateurs de médicaments dont fait partie le magnifique Moulahom Hafid qui a mis depuis 2010 un pied dans le secteur pharmaceutique. Le ministre du bizness et ses collègues du secteur sont accusés de concurrence déloyale par les fabricants locaux en inondant le marché de médicaments importés. Autre reproche fait au ministère de tutelle, sa politique de deux poids deux mesures dans l’octroi des Autorisations de mise sur le marché, les fameux AMM qui alimentent en coulisses des rumeurs sur leur absence de transparence...Alors que les demandes du lobby de l’importation sont traitées avec indolence, voire désinvolture, dénonce un professionnel. Le cas de Moulahom Hafid Elalamy n’est que l’arbre qui cache la jungle du business hautement juteux du médicament. En 2010, ce dernier, qui se verra plus tard merveilleusement paver entre autres le chemin du rachat des cliniques grâce à la fameuse et très opportune loi Louardi, met dans son cabas la plus grande usine locale, les laboratoires Glaxosmithkline Beecham (GSK). Contre toute attente, l’acquéreur choisit de ne pas trop s’appuyer sur la ligne de production de l’unité pour privilégier essentiellement les importations massives de médicaments. Un ministre qui plus est du Commerce, de l’Industrie et bien d’autres choses virtuelles qui encourage dans son propre business du prêt à avaler étranger au détriment du made in Morocco, cela fait désordre... Difficile de se faire dorer la pilule. C’est ainsi, qu’en l’espace de sept années, Moulahom, qui n’est pas le genre à craindre le conflit d’intérêt, est devenu sans trop le crier sur les toits un gros poisson du secteur avec une activité qui s’apparente à une cash-machine inépuisable. A titre d’exemple, rien que le fameux Augmentin dont Glaxosmithkline Beecham (GSK) est l’importateur exclusif réalise un chiffre d’affaires de quelque 100 millions de DH ! Un performance dopée surtout par l’automédication encore largement répandue au Maroc.

 Scandales

 Les labos locaux, sérieusement gênés par les agents importateurs,   dénoncent un approvisionnement à très grande échelle sur le marché indien dont les fabricants arrivent ainsi à écouler leurs stocks de médocs au Maroc, alors même que l’efficacité de ces derniers est mise en cause. La pharmacologie nationale est-elle remplie de remèdes inutiles ? Certains d’entre eux, sont  à en croire certaines sources pharmaceutiques locales, black listés aux Etats-Unis par la très puissante Food & Drug Administration (FDA) pour absence des propriétés thérapeutiques requises. Fait-on avaler n’importe quoi au patient marocain ? Pour un pays qui a mis en place l’AMO destinée aux populations démunies, il est évident que l’adoption et la prescription du générique, contrairement aux médicaments de marque qui sont très chers, est profitable aux comptes de l’Etat. Avec le risque que  cette vision strictement comptable  ne produise une santé au rabais ou une médication du pauvre qui n’améliore pas la santé et pouvant parfois être même dangereuse. Les scandales sanitaires comme celui du Médiator ; qui éclatent régulièrement au grand jour, ne contribuent pas à rassurer sur les pratiques du lobby des labos. 

Vivement le ménage dans marché du médicament au Maroc ?  Mais qui va le faire ? Ce n’est  certainement pas le successeur  de El HoussaineLouardi qui sera certainement tenté, à l’instar de ses prédécesseurs, de faire le jeu d’une industrie pharmaceutique qu’elle soit locale ou étrangère préoccupée principalement par le dopage de ses marges qui sont déjà exorbitantes.

 Parole d’expert

 Dans une tribune libre publiée en août 2017, Abdelatif Elouahabi, expert consultant en biopharmaceutique et propriété intellectuelle a dénoncé l’absence d’études scientifiques sur l’efficacité du générique qui accapare une part de marché de 37,5%, de même qu’une démonstration clinique de l'efficacité et l'innocuité des génériques fabriqués au Maroc. Le spécialiste fustige l’absence d’études cliniques dites de bioéquivalence qui sont rendues normalement publiques, mais qui n’existent pas dans les sources mondialement reconnues. « Des dérogations pour la mise sur le marché sans réalisation d'étude de bioéquivalence peuvent être accordées dans des cas précis mais qui restent limités », révèle l’auteur. Selon ce dernier, soutenir que le générique est la « copie conforme » du produit de référence est simpliste ; voire dangereux car ne tenant pas compte du processus de formulation, production et maîtrise de qualité des médicaments. Du coup, comment garantir la qualité au niveau comportement du médicament générique après sa prise par le patient.? Si le principe des études de bioéquivalence est entériné par la loi 17-04 et le décret N° 2-12-198 de juin 2012, l’opacité règne toujours en la matière. Abdelatif Elouahabi plaide pour des réponses scientifiques, claires, et documentées à ces questions car le générique joue sa crédibilité étant donné que le « croyez-moi sur parole » ne suffit plus.

AbdelaliDarif Alaoui

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