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Confus de Canard
La faillite d’une certaine poitique
Nasser Zafzafi, le jeune leader de la contestation rifaine, a été interpellé après s’être rendu coupable d’un délit puni par la loi que ses détracteurs ont aussitôt exploité pour le neutraliser : irruption dans une mosquée d’Al Hoceïma pour interrompre bruyamment le prêche du vendredi 26 mai. L’arrestation de celui qui risque gros n’a pas pour autant calmé la colère des contestataires qui ont réclamé la libération de leur héros et de ses compagnons. Bien au contraire. Elle a durci le mouvement et provoqué un élan de solidarité avec l’enfant terrible du Rif dans plusieurs villes du pays, poussant les forces de l’ordre d’intervenir parfois avec brutalité pour disperser les manifestants. Tout le défi pour les autorités est de circonscrire le mouvement afin d’éviter l’effet contagion dont personne ne peut prédire ni l’ampleur ni les conséquences. Mais le pays en a connu d’autres et il saura certainement dépasser cette crise pour peu que la réponse ne soit pas seulement sécuritaire. Or, s’il y a un enseignement qu’il convient de tirer de l’agitation rifaine, c’est l’absence flagrante des partis politiques, des notables et même des associations. On a vu pendant près de 7 mois un jeune homme survolté, occupant seul le terrain de la contestation, haranguant les foules, qui buvaient ses paroles comme de l’élixir, tout en insultant copieusement le régime et ses symboles. Le discours est d’autant plus porteur qu’il est truffé de citations religieuses empruntées au prophète et à certains de ses compagnons. Et ça fait son effet sur un public gonflé à bloc. Visiblement, l’homme, qui n’a peur de rien, sait jouer sur la corde sensible. Toutes les conditions d’une insurrection étaient réunies dans une région qui menaçait de basculer sous l’emprise du Ché rifain dans la désobéissance civile et même au-delà. Le climat social étant devenu inflammable, il ne manquait plus, si d’aventure la situation était devenue incontrôlable, que l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres et déclencherait l’effet contagion. Plus inquiétant encore, en face de Zafzafi, personne pour lui apporter la contradiction, personne pour conduire de contremanifestation, personne pour montrer que tous les habitants n’ont pas basculé dans le camp de cet illuminé dangereux. On n’a vu ni président de commune, ni président de région, ni députés, ni figure locale ou notabilité bien installée. Le vide total. Sidérant. D’où la décision de dépêcher sur place une délégation ministérielle pour tenter de désamorcer la bombe. Là aussi, sans résultat. La colère continuait à gronder, relayée instantanément par les réseaux sociaux qui sans aucune censure donnait à voir aux quatre coins du pays les images des diatribes improvisées de Zafzafi. A côté, Abdelilah Benkirane était un gentil tribun. Cette zafzafimania a achevé de ringardiser les télévisions publiques qui à côté font figure d’outils de communication largement dépassés et inaudibles ! Mieux que mille discours, les événements d’El Hoceïma ont administré la preuve accablante de l’inexistence, du moins sur le terrain, de la classe politique et des relais traditionnels du régime. Il n’y a même plus d’homme-fusible, de paratonnerre comme par le passé. Le face-à-face menace ! Il est désormais clair qu’il faut inventer un autre logiciel pour gérer les problèmes du pays et les attentes des Marocains. Il faut en tirer les leçons qui s’imposent, à savoir que la politique consistant à s’accommoder de partis-coquilles vides et godillots, sauf à vouloir faire preuve d’aveuglement et se complaire dans la théorie du complot, vient de montrer dans un test grandeur nature ses limites inquiétantes. Si c’est juste pour servir de machine à produire des élus très peu vertueux, déconnectés et rejetés par la population, ou d’outil à repeindre des ministres recrutés de l’extérieur, le pays peut largement s’en passer et les citoyens n’en seront que contents. Le Maroc a besoin de vrais partis, disposant d’une forte capacité d’encadrement et de mobilisation, responsables et responsabilisés, proches des préoccupations des citoyens, qui jouent le rôle d’interprètes de leurs attentes. Tel n’est pas le cas de la majorité des partis, qui n’enfante pas de personnel politique digne de ce nom, installés dans une zone de confort confinée à la course aux portefeuilles et aux prébendes. Si la réussite était possible en s’encombrant de faux partis, suspendus dans le vide, les pays développés l’auront fait. Certes, la ville d’El Hoceïma, à l’instar de nombre de ses consoeurs qui agonisent, souffre de chômage des jeunes, de pauvreté et d’exclusion. Que les laissés-pour-compte battent le pavé pour exprimer leurs revendications est tout à fait normal. Ce qui l’est moins c’est que ces dernières soient bruyamment portées par un individu sorti de nulle part alors que le pays dispose en principe de partis dont le rôle justement est de prendre en charge les problèmes de la population. Est- à-ce-à-dire que le Royaume, pris en défaut sur ses propres insuffisances, sera désormais à la merci du premier populiste venu qui sait enflammer les masses ? Sommes-nous, ainsi que veut le faire croire le ministère de l’intérieur, en face d’une opération de déstabilisation téléguidée depuis l’étranger ? Ce n’est pas impossible, les ennemis du Royaume, tapis dans l’ombre, se feraient un plaisir de s’introduire dans la brèche. Ce qui ne doit occulter en rien la réalité des problèmes qui minent le pays et menacent aujourd’hui la cohésion de son tissu social. Tout le défi pour les gouvernants est de faire en sorte que le Maroc soit réellement immunisé, sur les plans éducatif, social et économique, pour ne pas donner prise à ce genre de complot. En un mot, il est grand temps de changer de paradigme. Tout un programme. n A
 
 
Abdellah CHANKOU

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