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Le Maigret du Canard
Akhannouch : Cap sur 2021
Le RNI nouveau est arrivé et il est en ordre de bataille pour les prochaines échéances. Cette renaissance, célébrée lors du 6ème congrès du parti organisé le 18 et 19 mai à El Jadida, se voulait l’aboutissement d’un processus de rénovation des instances du parti initié quelques mois plutôt. Au terme de deux jours d’échanges et de débats, parfois houleux en coulisses et dans les commissions a émergé une formation dotée pour la première fois d’organisations parallèles (jeunes, femmes, corps professionnels) et d’une feuille de route claire qui ne souffre aucune ambiguïté. Pour le premier congrès qu’il préside depuis son avènement en octobre 2016 à la tête du Rassemblement en plein recul électoral sous la pré- sidence de Salaheddine Mezouar, Aziz Akhannouch s’est posé en leader d’un parti qui affiche clairement ses ambitions, déterminé à mener la bataille sur le terrain. Un parti rénové, conscient de son potentiel militant et des enjeux du futur, qui ne veut plus jouer les forces d’appoint comme il l’a fait pratiquement depuis sa création en 1977. C’est pour cela que le ministre a sonné la mobilisation dès la prise de ses nouvelles fonctions en se lançant au pas de charge dans une grande tournée régionale clôturée en apothéose par son discours dans la capitale du Souss, son fief natal, organisé pas moins de 83 congrès provinciaux et désigné de nouveaux coordinateurs dans toutes les ré- gions du pays : Mohamed Boussaïd à Casablanca-Settat, Mbarka Bouaïda pour Guelmim-Oued Noun, Mohamed Kabbaj pour Marrakech-Safi… Un changement nécessaire, conscient qu’il est impossible de faire du neuf avec du vieux, assorti d’une innovation de taille : les coordinateurs version Akhannouch, loin d’être de simples représentants , sont appelés durant leur mandat dans le cadre de contrats de performance précis à œuvrer chacun dans sa région pour renforcer la présence du parti et contribuer à l’ancrage de la démocratie participative. La proximité, comme l’a bien expliqué le président, devra être au cœur de l’action des responsables du RNI : « Il faut que ce parti soit proche de tous les Marocains, de leurs problèmes et besoins », indique le président qui compte sur les nouvelles structures pour "encadrer et communiquer avec les citoyens". Les élus Rnistes sont invités à donner l’exemple. «Ils doivent plancher sur des programmes réalistes, destinés à améliorer les conditions de vie des citoyens», ajoute-t-il. «Les Marocains veulent du concret et de la droiture». Ce n’est pas un slogan creux mais mais une nouvelle démarche», conclut celui qui propose un pacte social aux populations sans oublier de s’adresser aux députés RNI qu’il veut assidus et studieux.
 
Parti-locomotive
 
C’est à ce prix, en donnant l’image d’un parti qui travaille toute l’année, un parti indépendant dans son pouvoir de décision, et qui ne complète pas les majorités", que les citoyens feront confiance dans le RNI et ses composantes. Les nouveaux statuts du parti validés, les membres du conseil national élus tout comme ceux du bureau politique, le parti ainsi ré- nové est dans les starting-blocks. Le RNI de Akhannouch, l’homme du slogan « Agharas, agharas » (sérieux et droiture) qui a fait sensation auprès des militants et même au-delà, sait l’immensité de la tâche qu’il attend. En effet, le vrai travail commence maintenant et le plus dur reste à venir. Dans la ligne de mire : les élections législatives de 2021 et les communales de 2020. Le défi pour le RNI est évidemment de réussir à remplacer le PJD dans le cœur des électeurs. Devenir un parti-locomotive, proche des préoccupations des gens et enraciné dans le pays, est possible. Avec un homme comme Aziz Akhannouch. C’est du moins l’espérance qu’il suscite parmi les siens.
 
Bureau politique, rajeunissement partiel

Il a fallu faire preuve d’un grand jeu d’équilibrisme et sacrifier au compromis pour accoucher du Bureau politique. Résultat : une équipe quelque peu rajeunie avec de nouveaux visages comme Hassan Benomar, Mohamed Boudrika, obligée cependant de cohabiter avec des baronnies usées à l’image de Mohamed Bouhdoud (Taroudant), Abdelkader Salama (Nador) et le très contesté Mohamed Bouhriz (Tanger). Tout comme Mustapha Mansouri, Mohamed Aoujjar et la secrétaire d’Etat au Tourisme Lamia Boutaleb, Moulahom Hafid a intégré le Bureau politique es-qualité. Mais le plus pathétique de tous aura été Khoukom Moncef qui a fait des mains et des pieds allant jusqu’à pleurnicher pour garder sa place au BP. Pour continuer à militer dans le business?
 
 
Jassim Ahdani

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