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Mecca Cola réapparaît en Algérie
Après avoir perdu beaucoup de temps et (bien peu d’argent) à essayer de commercialiser au Maroc son fameux «Mecca Cola», après une implantation avortée en Libye, le non moins fameux franco-tunisien Tawfik Mathlouti revient à la charge. Il cherche cette fois-ci à fourguer son «coca engagé» aux Algériens. L’information «confidentiellement» révélée par un média algérien évoque une implantation en Algérie grâce à un partenariat noué avec un industriel local. « Pas moins de quatre sociétés algériennes, dont une agissant d’ores et déjà dans le domaine de la boisson, seraient sur les starting-blocks pour repré- senter la partie algérienne du deal » croit savoir les Dernières Nouvelles d’Algérie. Or, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le patron de ce « soda militant » lancé en 2002, et qui prétend reverser une partie de ses bénéfices à des projets palestiniens traine bien des casseroles dans nombre de pays. En fait, Mathlouti voulait transformer la sympathie de la rue arabe avec la cause palestinienne en créneau en or en récupérant les consommateurs de Coca-Cola taxée de boisson sioniste. Ce qui n’est pas totalement faux. En 1997, le gouvernement d’Israël a honoré Coca-Cola au cours d’une cérémonie en guise de remerciements de la société pour son soutien infaillible face au boycott initié par la Ligue Arabe. Chaque année, la firme d’Atlanta participe financièrement aux récompenses attribuées par la Chambre de commerce israélo-américaine aux entreprises qui ont contribué à l’économie israélienne. En 2009, c’était le Comité américain pour les Affaires publiques israé- liennes (AIPAC) qui était primé. Une structure ayant pour objectif de s’assurer le veto des Etats-Unis contre les résolutions onusiennes condamnant les crimes d’Israël contre le peuple palestinien. En 2008, Coca-Cola était chargé d’investir en Israël par le «Challenge Fund». L’année suivante, la multinationale avait organisé une réception spéciale en l’honneur de Binyamin Ben-Eliezer, un élu politique israélien accusé un criminel de guerre. Les aventures du Franco-tunisien Taoufik Mathlouti au Maroc ont démarré en avril 2003. A l’époque, les médias ébaubis par le charme du personnage ont cru un peu naïvement à une succes story à l’américaine au vu des chiffres de vente et des millions de dh de profits avancés par le promoteur de ce business qui ne coule pas vraiment de source. A côté de l’opérateur tunisien un responsable marocain prenait la pose. Il s’agit de Omar El Alami présenté comme le directeur de Mecca-Cola Maroc. Pour vendre le slogan «ne buvez pas idiot, buvez engagé» sur fond de militantisme pro palestinien, Taoufik est applaudi à tout rompre. Grisé par l’ampleur de l’enthousiasme suscité par son idée, Mathlouti y va de sa propagande du genre « le soda sera produit dans une usine casablancaise pour un investissement de 90 millions de dirhams » ! qui restera figé jusqu’à aujourd’hui au stade d’effet d’annonce.
 
Effet d'annonce
 
Du coup, le projet censé faire du Maroc, « un pôle de distribution pour le Maghreb et l’Afrique subsaharienne » tombe à l’eau, quelques mois à peine après son lancement. Le temps de l’esbroufe passé, voici venu celui des questions et des accusations. Haroun Chetibi, représentant de Taoufik Mathlouti, pointait du doigt une gestion calamiteuse qui a fait perdre à la société quelques millions de DH (300 000 euros) alors que les Marocains mettaient en cause les énormes dépenses engagées par la filiale marocaine de Mecca-Cola pour financer les déplacements de Taoufik Mathlouti lors de son séjour de deux mois au Maroc en juillet et août 2003, que la société-mère ne pouvait se permettre à cette époque de supporter. Les accusations fusent de part et d’autre. Pour Mecca Cola, les dernières livraisons des bouteilles de 1,5 litre ont subi les effets de la canicule en France. Plus de 50% de la marchandise a été retournée par des clients mécontents de la qualité du breuvage. Les dommages et intérêts réclamés du fait de ce préjudice : 100 000 euros. En dé- finitive, toutes déductions faites, Mecca-Cola Maroc ne reconnaît que 160.000 euros comme dette. Le clou du spectacle, c’est que Mathlouti ne détenait que 1% des parts de la société alors que 64% du capital de la société lui a été cédé en «garantie des créances». Pourtant, Taoufik Mathlouti et Mecca Internationale «qui n’a versé pas même un dirham, ni fourni aucun équipement à sa filiale marocaine, va réclamer à cette dernière la bagatelle de 10 millions de dirhams. Avant que le personnage ne soit échaudé à ce moment là, précisément par une comparution devant le tribunal correctionnel de Paris pour une autre affaire douteuse. En 2004, il sera placé en garde à vue après une convocation par la chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « travail dissimulé » et « usage abusif de l'appellation fondation ». Juste après ces déboires judiciaires, le Franco tunisien va dé- ménager le siège social de sa boite à Dubaï. Ce qui n’empêchera pas les autorités des Emirats Arabes Unis de retirer en janvier 2012 l’autorisation de vente accordée à "Mecca Cola" faisant appel à la loi de la protection des marques de 1992 qui interdit l’utilisation de noms à connotation religieuse. Avec une commercialisation mort née au Maroc et une implantation avortée en Libye Tawfiq Mathlouthi, qui claironne partout que son projet avait pour but le financement de certaines associations humanitaires travaillant dans les territoires palestiniens, a même tenté la distribution de son soda en Israël. En bon Marocain, on appelle ça « fourguer le singe et se payer la tête de celui qui l’a acheté ».
 
 

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