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Confus de Canard
Guergarate pour faire diversion
Le Maroc a-t-il commis une erreur d’appréciation en se retirant de Guergarate dimanche 26 février conformément à la recommandation du secrétaire gé- néral de l’ONU ? On peut le penser, au vu de l’attitude de la soldatesque polisarienne qui au lieu d’emboîter le pas aux troupes marocaines a décidé de rester sur place dans un geste de défi à la communauté onusienne. Un geste provocateur qui loin d’aller dans le sens de l’apaisement voulu par le Maroc et l’ONU, au nom du respect de la légalité internationale, est de nature à déboucher sur une escalade aux conséquences imprévisibles. Localité frontalière située à l'extrême sudouest du Sahara marocain, Guergarate marque la ligne de cessez-le-feu entre le Maroc et la chimérique RASD. Sur le papier, cette zone tampon, que les convois marchands et touristiques traversent dans l’insécurité totale pour atteindre le premier poste-frontière mauritanien, est placée sous administration onusienne mais en réalité elle a été mise sous la coupe de trafiquants de tout genre qui y font régner leur loi. C’est justement pour sécuriser ce no man’s land surnommé Kandahar long de 6 kilomètres et le nettoyer de ses activités mafieuses (vente d’armes, drogue, contrebande…) que le Maroc y a envoyé ses troupes en août 2016. Le redéploiement marocain sur place a permis également de procéder à des travaux d’asphaltage de la route qui va au-delà du mur de défense construit par feu Hassan II, une route qui représentant la profondeur stratégique du Maroc s’avère essentielle pour ses échanges commerciaux avec les pays de l’Afrique subsaharienne. Considérant le geste marocain comme une violation d’une zone onusienne et un casus belli, le polisario, lui, ne l’entendait pas de cette oreille qui a pris prétexte du positionnement marocain sur Guergarate pour y installer en guise de riposte une base d’appui chargée de contrôler le flux des camions qui se dirigent vers la Mauritanie. L’affaire Guergarate a éclaté alors que le Maroc préparait activement son retour au sein de l’Union africaine où il repris sa place naturelle avec honneur et gloire en dépit des manoevres hostiles de ses adversaires. Le retrait marocain de Guergarate, qui peut apparaître comme une erreur, procédait certainement du souci de Rabat de ne pas prêter le flanc aux critiques de ses ennemis et d’éviter tout ce qui est susceptible d’entacher la réussite de son repositionnement stratégique réussi sur le continent africain. Fort de la légitimité de sa cause et de son armée, le Maroc aurait pu nettoyer la zone de ces mercenaires provocateurs et sécuriser cette localité une fois pour toutes. Mais agir ainsi dans un contexte géopolitique qui lui est favorable reviendrait à tomber dans le piège de l’Algésario qui cherche désespérément à pousser le Maroc à la faute qui décrédibiliserait le processus de son retour réussi en Afrique. Confrontée à une grogne sociale sans précédent, minée par les guerres de clans et fragilisée par une pré- sidence fantôme et handicapée, l’Algérie qui a longtemps cherché à isoler le Maroc prend aujourd’hui le risque de s’isoler elle-même. Dans ce contexte à haut risque, il est évident que l’épisode Guergarate offrait à un pouvoir chancelant l’occasion d’une belle diversion. Mais le Royaume, avisé comme à son habitude, n’a pas voulu lui faire ce cadeau.
 
Abdellah CHANKOU

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