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Can'art et Culture
Réda Sadiki, le nouvel hôte de la littérature marocaine
écriture est un domaine réservée aux litté- raires mais lorsque les scientifiques s’en mêlent, ils deviennent fort redoutables, tel est le cas d’écrivains-médecins aussi renommés que François Rabelais (1494-1553), Anton Tchekhov (1860-1904) Georges duhamel (1884-1966), Louis Ferdinand Céline (1894-1966). Cette tendance existe bel et bien au Maroc où des médecins ont fait une percée remarquable en littérature. Je citerais, à titre indicatif, feu Mohamed Sijilmassi (1932-2007), Ghita El khayat (1944), Jalil Bennani (1948), Soumeya Abdelaziz (1957),Souad JamaÏ cardiologue et la grande révélation de l’année 2016, le chirurgien urologue, Réda Sadiki, auteur d’un premier roman, qui lui a valu le prix grand Atlas 2016 et le grand engouement des lecteurs, qui ont tenu à rencontrer le romancier à la médiathèque de l’IF de Rabat vendredi 13 janvier 2017. La rencontre a été animée avec brio par Mme Amina Achour qui a fait une sorte de lecture apéritive du roman, en résumant les pérégrinations houleuses du héros éponyme Zahir, avant de poser des questions à l’auteur sur la genèse de l’œuvre, sur l’écriture et son rapport à la lecture. Ce roman se présente comme un récit gigogne qui emprunte à deux genres littéraires :le journal et la lettre(genre épistolaire notamment dans le dernier chapitre). Ainsi on entend résonner, au fil de 159 pages, plusieurs voix ; la principale étant celle du protagoniste Zahir (concierge d’un immeuble à Rabat) qui délègue la parole à d’autres personnages, les 12 locataires de l’immeuble et ses amis Brahim, youssef et ouardia puis nous avons aussi dans la clausule un narrateur extra diégétique grâce auquel le journal de Zahir sera sauvé de l’oubli. Le narrateur zahir se confie constamment à son narrataire Luigi pour des raisons expliquées dans le roman. L’auteur décrit avec une maestria, digne des grands écrivains réalistes, tout un microcosme social à Rabat et à Fquih Ben Salah, alias FBS(les couples BCBG, les fonctionnaires à la traîne, les tapins, les étudiants…). Il a su aussi attribuer le registre de langue approprié au statut social de chaque personnage. Quand il fait parler une prostituée, il utilise un langage relâché à la limite de la correction: «donne-moi mon fric, dit habiba à son miché, tu vas pas t’en aller comme ça salopard !Il faudra d’abord passer sur mon corps, me mettre les tripes à l’air !Tu entends crétin !... ça joue les seigneurs en boîte et ça se transforme en racaille après…» le langage de zahir et son ami youssef tranche sur les autres parce que les deux amis ont un certain niveau d’instruction : «…je ne pense pas qu’on puisse ne pas avoir de vices. La sainteté, j’y crois pas, dit youssef .» Ce à quoi Zahir rétorque : «Rassure-toi, je suis loin d’être irréprochable, encore moins un saint. Je ne vais pas te faire l’inventaire de mes travers…». Mais le langage que les personnages semblent manier à loisir n’est autre que celui de la violence, la violence du père avec les membres de la famille, du maître de l’école avec les élèves, du vendeur de bonbons pédophile avec les écoliers, du « miché » avec son « tapin », des sbires avec le concierge, de certaines familles avec les bonnes, du passeur avec les clandestins… En dépit de son laconisme, ce roman aborde plusieurs thèmes d’actualité tels que le chômage des diplômés à travers les personnages de Zahir et Youssef, l’immigration clandestine, thème très récurrent chez certains écrivains marocains comme Mahi Binbine (cannibales 1999), Youssouf Amine Elalamy (Les clandestins 2000), la bigoterie à travers le personnage de youssef, qui ,vers la fin du roman, était sur la plage, en train de savourer son litron, en tapinois pour ne pas choquer la bande de bégueules et de faux culs «C’est honteux ! dirait la sainte-nitouche, il n’y a vraiment plus de respect ! Alors qu’elle a passé la nuit à se faire tringler par tous les trous …Moi je dis qu’il faut juste gratter un peu le vernis pour tomber sur des tas de cochonnerie, fichtrement plus choquantes que de siroter sa petite boisson au soleil…». La tonalité générale du texte est tragique. On sait dès l’incipit que ce personnage dont le nom ne tient pas sa promesse zahir (signifiant le chanceux en arabe) manque cruellement de chance. L’image de la première de couverture, représentant un jeune dont le corps est à demi englouti par la mer, annonce le sort tragique qui attend le candidat à l’immigration clandestine, à la fin du roman. dès le premier chapitre on a l’impression d’entendre une voix d’outre-tombe qui n’est autre que celle de Luigi qu’un jeune lieutenant de la garde civile espagnole nommé Juan Bénitez , un lettré affable, a sauvée miraculeusement du naufrage et tentera même de rendre audible. Aussi, entreprend-il de contacter un éditeur qui serait intéressé par ce genre littéraire. « …je le remets maintenant entre vos mains et vous laisse seul juge de sa valeur, dit Juan Bénitez, Il vous appartient désormais cher monsieur, de lui donner, ou pas, un autre destin. Bien à vous.» Réda Sadiki pourrait très bien faire sienne cette « adjuration » à l’intention de son lecteur entre les mains duquel il met désormais son premier opus. Aussi, notre littérature prendra-t-elle un sacré bain de jouvence grâce à ce jeune lauréat du prix grand atlas 2016 et à d’autres écrivains de sa génération (nés dans les années 70) comme LeÏla Slimani (prix Goncourt 2016), Lamia Berrada Berca, Souad JamaÏ, driss Jaydane, Abdellah Taïe, Rachid O, Réda dalil, Mohamed Ouissaden. Gageons que le lecteur n’en sera pas pour ses frais, il aura fait un joli rêve, un beau périple en compagnie de Luigi et zahir qui ne manque jamais d’humour même dans les moments les plus pénibles de sa vie. Ne dit-on pas chez nous que trop de soucis fait rire ? Aussi, l’emploi subtil de l’humour dans ce roman vise-t-il à contrebalancer la tonalité tragique du texte, comme en témoigne ce passage : «Nous mangions surtout avec beaucoup de pain, des lentilles et des haricots blancs, à toutes les sauces, dans tous les plats. Alors, le soir avec mon frère, c’était le festival du pet. Nous en maîtrisions toutes les variantes : les ronflantes, les sifflantes, celles qui cocotent, les silencieuses, les inodores…Nous loufions à qui mieuxmieux. Nous étions devenus des génies de la vesse ; Les rois des vents.»
 
Abdelouahad Zaari 
 
 

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