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La destinée malheureuse de la Médina Polizzi
Beato Salvatore Polizzi, maître artisan décorateur de son état, d'origine italienne, naturalisé marocain, était à mille lieux de penser lors du lancement en 1992 de son projet de la Médina d'Agadir que ce dernier allait connaître une telle déchéance. dans l’indifférence des autorités locales d’Agadir. Les années de gloire et de prospérité sont désormais derrière la médina dite de Coco Polizzi qui a sombré dès le début des années 2000 dans la crise. C’est à cette période que les ennuis ont réellement commencé pour ce magnifique village artisanal de 4,5 hectares qui a se veut une réplique de l’architecture de la ville avant sa destruction par le tremblement de terre de 1960. Situé à 4 km du centre de la ville d’Agadir, sur le territoire de l’ancienne municipalité de Bensergaou, les touristes s’y rendaient avec plaisir pour savourer un bon tagine, boire un thé à la menthe, acheter quelques souvenirs de l’artisanat marocain ou admirer l’architecture traditionnelle des lieux. En cause, un différend entre le propriétaire et les artisans né autour du contrat de location. Ces derniers réclament au nom de la sécurité de l’emploi une révision de la convention afin de passer à un contrat à durée indéterminée. Ce qui est impossible vu que le titre d’occupation qui a été concédé au promoteur en 1992 par arrêté du ministère de l’Agriculture est temporaire. du coup, il ne saurait conclure des baux commerciaux ni de concéder à quiconque un droit de propriété commerciale dans l’enceinte de la médina. Mais les artisans ne l’entendent pas de cette oreille. Un bras de fer préjudiciable à l’activité du complexe s’engage entre les deux parties. Faute d’un arrangement, le conflit se durcit. Grèves, sit in et au final une action en justice. L’affaire s’enlise dans les procédures judiciaires. Résultat : L’endroit ressemble aujourd’hui à un château de fantômes au milieu d’un terrain vague jonché de détritus puant l’odeur forte des moutons qui viennent y pâturer. Les rares visiteurs qui dé- barquent à la médina doivent acheter un ticket d’entrée à 40 dh qui donne droit à une visite aléatoire sans guide, ni plan du complexe ni aucune forme de signalisation. «C’est triste que le seul endroit typique de l’architecture local connaisse un tel sort», se désole un opérateur touristique d’Agadir. «Pour une ville touristique qui manque terriblement de sites à visiter et d’infrastructures d’animation, laisser cette médina mourir à petit feu est une honte», renchérit un député.
 
 

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