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Edito
Une gouvernance en faillite

Cela fait des années que le Maroc est confronté de manière de plus en plus préoccupante à la faillite d’une certaine gouvernance incapable d’apporter des réponses sérieuses et efficaces aux principaux problèmes du pays. Pilier de tout développement qui se veut juste et cohérent, l’école publique, qui n’arrête pas de s’enfoncer dans une crise multiforme due principalement à une arabisation mal pensée, en est la manifestation la plus spectaculaire. Le sport dans ce pays n’est guère mieux loti, à en juger par les résultats catastrophiques obtenus même dans certaines disciplines où le Maroc avait naguère montré un talent certain. La santé publique n’est pas non plus au top de sa forme, produisant à jet continu des cas dramatiques de vies perdues pour cause de multiples dysfonctionnements. Regardez aussi les deux télés publiques, on dirait qu’elles vivent sur une autre planète loin des attentes du public en terme de débat, d’information et de divertissement. Les collectivités sont un désastre de haute facture avec des élus qui ont pris depuis longtemps l’habitude de servir au lieu de se servir. Les gouvernements qui se sont succédés ont essayé toutes les ficelles : Les effets d’annonce, les professions de foi, la politique d’autruche et les mesurettes… Cela a permis peut-être de pétrifier les problèmes - au risque de les compliquer davantage - mais certainement pas de les résoudre ! Il est temps de passer à autre chose en prenant les vrais préoccupations des Marocains à brasle-corps. Le salut du pays ne se trouve certainement pas dans les déclarations de politique générale vendues par chaque nouvel exécutif fraîchement nommé comme «le programme gouvernemental»- qui ne sont en fait que de longues enfilades et tirades de professions de foi et de généralités. C’est connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Nul doute que les maux structurels du Maroc, qui plombent son développement et empêchent son décollage qu’il a mille et un atouts en main, ont besoin aujourd’hui d’un véritable remède et surtout de courage politique. Ce courage politique suppose de réfléchir sérieusement à une dé- légation des services publics défaillants via un partenariat-public-privé, dispositif pré- vu dans la loi. Il s’agit, sur le modèle de la concession de certains services comme l’eau et l’électricité, de nouer des contrats avec des entités privées performantes dans leur secteur d’activité pour la gestion de l’école publique, des hôpitaux et de l’audiovisuel. Il convient de s’inspirer de certaines réussites remarquables dans le secteur économique, à l’image de Maroc Telecom. Même si le cas de cette dernière relève plutôt d’une privatisation que d’une concession, sa performance durable à tous les niveaux, résultat d’une gouvernance forte et innovante, doit inspirer les pouvoirs publics. Si l’opérateur historique était resté une entreprise d’Etat à 100%, aurait-elle connu un tel niveau de développement et de croissance qui force l’admiration ? Il est temps que les responsables passent à la vitesse supérieure en matière du PPP qui reste encore cantonné à certains projets ou infrastructures. Objectif : Faire du PPP un levier de développement et d’efficacité là où la gestion publico-administrative pure et dure a montré ses limites, voire sa faillite. Le processus peut être amorcé par la création de quelques expériences-pilotes !

Abdellah CHANKOU

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