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Can'art et Culture
« Derb Al Maâguiz », un récit fabuleux
Avec « Derb Al Maâguiz » (le quartier des paresseux), Saïd Chaffaj nous livre une œuvre littéraire sensible et enthousiasmant. Une œuvre, écrite en langue arabe simple et efficace, qui semble plutôt inclassable. Est-ce un roman ? Une autobiographie ? Une chronique sociale ? Les trois se mêlent au fil de l’histoire. Pourtant, lorsqu’on lit « Derb Al Maâguiz », on pourrait croire qu’il s’agit de l’autobiographie. Puis, lorsqu’on découvre toute la galerie de personnages qui gravitent autour du narrateur, que l’on observe leurs manières de vivre, d’agir, de penser, on se dit que l’on est en présence d’une véritable chronique de la vie quotidienne. Au fil des pages, on parcourt l’histoire du Maroc contemporain. On y retrouve l’enfance de l’écrivain, un pur casablancais. Le narrateur nous plonge au cœur de quartier de Sidi Bernoussi des années 70 qui paraissait « petit à ses yeux ». A l’époque, il s’amusait avec ses copains de classe au foot dans les rues de ce quartier où se trouve justement ce « Derb Al Maâguiz ». Puis, on traverse le temps et l’espace tout au long du récit passionnant qui pour beaucoup éveillera des souvenirs lointains. Tout y est ou presque. Des émeutes de 1981 jusqu’au mouvement du 20 février. On assiste à la description et à la critique à peine voilée des mœurs et coutumes des quartiers populaires de Casablanca, on assiste à la valse des personnages, à leurs échanges, comme si le héros s’était posté dans un immeuble nous laissant nous côtoyer ses personnages. L’œuvre est difficile à classer dans un genre littéraire précis, que chacun peut la considérer à son gré comme un conte, une fable, récit ou simplement un hymne à la tolérance...

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