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Confus de Canard
Les mêmes et on recommence
Faire passer le maximum de candidats lors du scrutin communal du 4 septembre, tel est le souci principal des partis politiques qui mesurent leur force et popularité à l’aune de la quantité d’élus et non à leur qualité. Et pourtant, le vrai défi, qui permettra de sortir les villes et les campagnes marocaines de leurs innombrables déficits, réside dans la capacité de ces édiles à faire vivre la démocratie locale comme un outil au service de la collectivité. Au vu de la situation désastreuse de la majorité des communes, le Maroc est à mille lieues de cet objectif toujours figé au stade d’idéal, tellement les insuffisances et les ratages sont énormes. Vidée depuis longtemps de sa substance, la démocratie locale au Maroc rime avec les pratiques les moins avouables : corruption, concussion, clientélisme et trafic d’influence. Banalisées à force de complicité des partis et de passivité des autorités, ces méthodes que tout réprouve ont fini par tuer la crédibilité de l’action communale, devenant monnaie courante dans un paysage où la notion de service honnête à la communauté est illusoire. Sauf à continuer à se mentir à soi même ou à s’accommoder de cette situation désastreuse, l’action communale a montré suffisamment de multiples dérives sur le terrain, prenant en otage les intérêts des citoyens et compromettant un développement cohérent des villes et des campagnes. Dans son dernier discours à l’occasion du 62e anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, S.M le Roi s’est vu obligé de faire de la pédagogie pour expliquer la différence entre le rôle de l’élu et celui du ministre, car de nombreux candidats dans leur course effrénée aux suffrages tentent d’exploiter l’ignorance ambiante en promettant monts et merveilles comme de l’embauche des chômeurs ou la distribution des lots de terrain aux bidonvillois. Il a fallu aussi que le souverain s’implique personnellement après avoir pointé du doigt l’incurie des élus casablancais et les multiples maux de la métropole pour que les responsables locaux mettent de côté leurs querelles politiciennes stériles et se mobilisent autour de sa mise à niveau urbaine. Mais le Roi n’a pas à s’occuper de la gestion locale, tout comme il ne peut pas mener à la trique tous les élus indélicats du Royaume. Sans rupture nette avec les pratiques du passé, le Maroc aura juste réussi à organiser des élections communales 2015 pour favoriser le retour des mêmes éléments à la moralité douteuse, sans aucune compétence particulière sauf celle d’achat des voix, qui ont causé le naufrage de la démocratie locale. C’est ce qui risque d’arriver même si quelques visages nouveaux, jeunes et dynamiques, se sont engagés dans les communales 2015 avec l’espoir d’apporter des idées nouvelles et du sang neuf à une gestion locale gangrenée par des méthodes de type mafieux. Cette toile de complicités malsaines, qui enveloppera la mandature 2015-2021, sera de nouveau installée dès le lendemain de la proclamation des résultats par les candidats vainqueurs qui se livreront à des marchandages sonnants et trébuchants pour les postes de présidents et les juteuses délégations de signature. A partir de ce jour de toutes les compromissions, la vraie devise des membres du conseil est : se servir au lieu de servir. A 2021 pour de nouvelles communales avec les mêmes spécimens!
Abdellah CHANKOU

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